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PRESIDENTIELLE : ALERTE VERTE CHEZ LES ECOLOGISTES
21-03-2012
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Les écolos mal barrés, Mélenchon futur meilleur partenaire du PS ?

Alerte verte chez les écologistes. A un peu plus d'un mois du premier tour, le fiasco de la candidature d'Eva Joly semble assuré. Elle stagne entre 1 et 3% d'intentions de vote, au demeurant assez fragiles. « Je ne suis pas du tout sûr qu'elle atteigne les 2% », s'inquiète un expert qui travaille avec les équipes d'EELV.


Vers la déroute

Eva Joly pourrait faire pire que la contre-performance de Dominique Voynet en 2007 (1,57% des suffrages exprimés). Inutile de s'appesantir sur les faiblesses d'une campagne peu professionnelle. On se souvient de la valse-hésitation de la candidate sur l'attitude à adopter au second tour, passant du refus de se prononcer à l'exigence d'une organisation anticipée des « désistements » à gauche...

Nombre de responsables écologistes ne sont même pas persuadés que Nicolas Hulot, lui aussi politique peu aguerri, aurait fait beaucoup mieux. L'élection présidentielle est toujours une épreuve périlleuse pour ce courant. Les écologistes n'ont franchi la barre des 5% des voix qu'une seule fois, en 2002, avec la candidature de Noël Mamère.

Ancien partisan d'Eva Joly lors de la primaire écologiste, le député-maire de Bègles (Gironde) ne dissimule pas sa déception. Au micro de Vivre FM, il s'est interrogé à haute voix, le 13 mars, sur l'opportunité d'un retrait de sa candidature :

« Quel est vraiment l'intérêt que nous avons à être présents à l'élection présidentielle si, d'une part, nous restons encalminés dans ces sondages qui ne sont pas bons – il faut le reconnaître et le dire – et si, en restant dans la compétition, nous contribuerions à affaiblir le candidat du PS, François Hollande ? »

L'adversité rend méchant

La candidate elle-même et les dirigeants d'EELV ont juré qu'elle irait jusqu'au bout de l'épreuve électorale. Dans l'adversité, ils font même preuve d'une certaine agressivité.

 

Le jour de la marche du Front de Gauche, sur Europe 1, Cécile Duflot, qui n'a décidément plus l'image de la bonne copine, s'en est pris à Jean-Luc Mélenchon, renvoyé à son archaïsme :
« Il fait de la politique avec un rétroviseur. La Bastille, la Commune, c'est sympa, c'est de la nostalgie d'une époque où il y avait de grands tribuns et pas de femmes en politique. »

 

 

En dépit d'état de services écologistes plutôt limités, Eva Joly a même carrément nié, le 16 mars à Marseille, à Mélenchon le droit de chasser sur ses terres :
« Monsieur Mélenchon a encore un grand chemin à faire car il est encore dans le schéma productiviste et n'a aucune légitimité pour parler des questions écologiques. »

 

C'est ignorer que le Parti de Gauche abrite une composante écologiste et antiproductiviste radicale qui influence le programme du Front de Gauche. Ces attaques se veulent une réponse à la tentation de plus en plus forte de beaucoup d'électeurs de sensibilité écologiste à se tourner vers le vote Mélenchon.

L'accord PS-EELV oublié

Il y a seulement quatre mois, le 15 novembre, le PS et EELV signaient un « contrat de mandature » assez développé. Le moins qu'on puisse dire est que cette union n'a produit aucune dynamique. Les candidats de ces deux partis, François Hollande et Eva Joly, se sont même évertués à prendre leurs distances avec ce texte.

Le premier donne la priorité à ses « 60 engagements » et insiste de plus en plus sur les limites de sa volonté de réduire l'activité des centrales nucléaires.

Hollande vient d'ailleurs de recevoir le soutien de Jean-Pierre Chevènement et un accord programmatique et électoral a été passé entre le PS et le MRC de l'ancien ministre. Même si celui-ci prend acte de la divergence entre les deux partis sur le nucléaire, il rééquilibre de fait le positionnement du candidat socialiste.

Côté écologiste, on s'y perd un peu entre le programme, très audacieux, du parti lui-même, le « projet présidentiel » de la candidate et l'accord signé avec le PS. L'essentiel, rétorqueront les cyniques, réside dans le partage des circonscriptions accolé à cette entente.

 

Mais c'est là qu'un fiasco de la candidature Joly inquiète légitimement les écologistes. Une fois de plus, c'est Mamère qui se charge des mises en garde, le 19 mars sur France Info :
« Cet accord risque d'être fragilisé par le score qu'on nous annonce à la présidentielle et les amis de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent [secrétaire national du PCF, ndlr] risquent de faire monter les enchères, tout comme nous risquons d'être confrontés à des dissidences dans un certain nombre de circonscriptions car nous savons bien qu'une partie des socialistes a très mal accepté cet accord, considéré comme étant exorbitant. »

 

Même si les électeurs votent différemment selon le type de scrutin, un très mauvais score écologiste, le 22 avril, encouragerait de nombreuses candidatures socialistes dissidentes. Le risque est d'autant plus réel que plusieurs responsables du PS, à tous les niveaux, considèrent que le partage du gâteau a été un peu trop généreux à l'avantage d'EELV.

Partenaire privilégié

 

C'était il y a trois ans, mais cela paraît lointain. Aux élections européennes de 2009, Europe Ecologie réussissait la performance d'égaliser presque le score du Parti socialiste : respectivement 16,3% et 16,5% des suffrages exprimés. Le tout nouveau Front de Gauche devait alors se contenter de 6,1% des voix.
En ce début de XXIe siècle marqué par la contrainte environnementale et les catastrophes nucléaires, les écologistes s'annonçaient comme les futurs partenaires privilégiés des socialistes.

 

L'ancienne union de gauche cédait la place à l'entente rose-verte. En faisant revivre la culture communiste, et en la rénovant par la critique du productivisme, la candidature Mélenchon bouscule ces anticipations. Le PS retrouve, sur sa gauche, une force politique résolue à prouver son influence en toute indépendance.

Rien n'indique qu'un succès présidentiel du Front de Gauche se traduirait de la même manière aux élections législatives de juin. Mais le rapport de forces parlementaires au sein de la nouvelle majorité de gauche pourrait être imprévu. Pierre Laurent du PCF l'espérait à haute voix, le 18 mars, sur Radio France. Selon lui, le Front de Gauche « est en train de s'imposer comme un acteur majeur de l'élection à la présidentielle et des législatives qui vont suivre ».

Pour compliquer le tout, chacun des deux partenaires potentiels du PS n'est pas du tout dans le même rapport à l'exercice du pouvoir. Jean-Vincent Placé, le Mazarin des écologistes, se prépare ouvertement à des responsabilités ministérielles, n'hésitant pas à proclamer sans attendre que « Hollande fait une excellente campagne ».

A l'opposé, Jean-Luc Mélenchon jure qu'il ne mangera pas de ce pain-là. Quant aux communistes, ils cultivent l'ambiguïté. Les socialistes n'en ont pas fini avec des alliés potentiels aussi divers et contradictoires

 
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