Cette montée en puissance de HEC se retrouve aussi, selon un décompte fait par Le Monde, chez les dirigeants d'entreprises du CAC 40 : on retrouve aujourd'hui 12 polytechniciens, 11 énarques et 11 HEC, alors qu'en 1991 il n'y avait que deux HEC.
En revanche, cette tendance ne se retrouve pas dans le gouvernement : selon un décompte fait par l'AFP à partir de leurs biographies, seuls deux ministres ont fait une école de commerce (l'Essec), l'écologiste Cécile Duflot et Fleur Pellerin, nommée aux PME et à l'économie numérique. L'équipe gouvernementale est cependant bien représentative de l'élitisme français : huit des 34 ministres, soit près d'un quart, sont agrégés ou/et docteurs (Laurent Fabius, Vincent Peillon, Christiane Taubira, Marisol Touraine, Jean-Yves Le Drian, Aurélie Filippetti, Dominique Bertinotti, Frédéric Cuvillier).
Quatre énarques
Si nombre d'entre eux ont fait Sciences Po (à Paris ou Bordeaux), seuls quatre sont énarques : Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Michel Sapin et Fleur Pellerin. Les plus nombreux ont fait des études de droit : Nicole Bricq, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, George Pau-Langevin, Alain Vidalies, Bernard Cazeneuve, Sylvia Pinel, Marie-Arlette Carlotti, Frédéric Cuvillier. Plusieurs, venus de différentes disciplines, ont un temps enseigné : outre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui fut professeur d'allemand, il s'agit de Vincent Peillon, Geneviève Fioraso, Stéphane Le Foll, Dominique Bertinotti ou encore François Lamy qui a débuté comme instituteur.
Le temps est loin où des ouvriers sans diplôme du supérieur pouvaient accéder aux plus hautes responsabilités, à l'image du Premier ministre Pierre Bérégovoy. Fille d'ouvrier, Delphine Batho a abandonné la fac de Jussieu avec le bac comme seul diplôme. Sa formation, elle la complétera plus tard, en 2006, en devenant auditrice de l'Institut national des hautes études de sécurité.
SOURCE : AFP