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LGV PARIS-BORDEAUX : LE SUCCES COMMERCIAL PLOMBE PAR UN FINANCEMENT EN P.P.P.
03-07-2017
tgv.paris.bordeaux.jpg

Décidément, les montages financiers en Partenariat Public Privé (PPP) sont de plus en plus décriés. Après le TCSP de Martinique, où l'Etablissement Public de Transport MARTINIQUE-TRANSPORT se trouve pieds et mains liés jusqu'à 2034 à travers un PPP avec Caraïbes Bus (une filiale de VINCI), c'est au tour de la toute nouvelle ligne LGV PARIS-BORDEAUX inaugée le 2 juillet 2017, d'être entrainée dans une spirale déficitaire de 44 ans à cause d'un PPP avec LISEA, une société où l'on retrouve notamment au capital la CDC et ... VINCI !

Un paradoxe, pour une ligne rentable commercialement, qui n'a pas échappé au quotidien économique "Les Echos".

 

 

Le paradoxe de la nouvelle ligne TGV Paris-Bordeaux

Lionel STEINMANN 

in "Les Echos" - 29/06/2017


La mise en service ce dimanche d’une nouvelle portion à grande vitesse dope d’ores et déjà la vente de billets. Mais la ligne sera structurellement déficitaire pour la SNCF, du fait de péages ferroviaires très élevés.

Un succès commercial, mais un boulet financier : la nouvelle liaison TGV Tours-Bordeaux, qui va être mise en service ce dimanche 2 juillet, va plonger la SNCF dans une situation paradoxale, puisqu'elle va lui apporter des millions de clients supplémentaires... tout en la lestant d'un déficit opérationnel de plusieurs dizaines de millions d'euros.

Pour comprendre pourquoi, il faut revenir dix ans en arrière, lorsque Nicolas Sarkozy décide, dans la foulée du Grenelle de l'Environnement, de lancer simultanément la construction de 4 lignes à grande vitesse. Parmi celles-ci figure la section Tours-Bordeaux, longue de 340 kilomètres, qui doit ramener à 2 heures à peine (au lieu de 3 heures 15) le temps de trajet entre la capitale de la Gironde et les rives de la Seine

 

Un montage inédit

 

Les ressources de l'Etat étant (déjà) souffreteuses, le gouvernement d'alors eut recours à un montage inédit dans le ferroviaire français : un financement public-privé , concédant l'infrastructure pour les 44 ans à venir à Lisea, une société ou figurent notamment au capital Vinci et la Caisse des Dépôts.

 

Pour rembourser son investissement de départ (3,8 milliards sur un coût total de 7,8 milliards) puis les frais d'entretien, Lisea va percevoir un péage pour chaque TGV circulant sur la ligne. Le principe est le même sur le reste du réseau ferroviaire. Mais la SNCF, dès l'origine, est furieuse, car elle a été tenue à l'écart des négociations sur le contrat de concession, signé en 2011. Et elle juge que les péages qu'elle devra supporter seront exorbitants. « Ils doublent sur le territoire de le concession » avançait il y a quelques mois un cadre de la compagnie

 

Pour limiter la casse, la SNCF cherche alors à calculer au plus juste le nombre de trains circulant sur ligne, afin d'assurer un fort taux de remplissage qui compenserait le prix des péages. Il y a deux ans, elle propose 13,5 aller-retours directs Paris-Bordeaux par jour en moyenne au lancement de la ligne. A la fureur des ténors politiques du Sud-Ouest, Alain Juppé et Alain Rousset, qui dénoncent le « malthusianisme » de l'entreprise publique. Mais aussi celui de Lisea, qui laisse entendre que ce niveau de recettes le mènerait à la faillite.

 

Le mécontentement de la SNCF

 

Après plusieurs mois de bras de fer, ces alliés de circonstance arrachent à François Hollande un arbitrage favorable à 18,5 aller-retours directs par jour. Soit 33,5 aller-retours au total en comptant les TGV qui feront arrêt à Poitiers ou à Angoulême. Ce sont ces trains-ci qui pèseront le plus sur les comptes de la SNCF : leur coût en péages augmente fortement, mais ils ne devraient pas transporter beaucoup plus de voyageurs qu'aujourd'hui.

Depuis, la SNCF s'efforce d'assurer la réussite commerciale de la ligne ... sans dissimuler son mécontentement sur les péages. Lors de la cérémonie d'inaugration anticipée organisée en mars, ni Guillaume Pepy ni Rachel Picard, la patronne de l'activité TGV, n'étaient présents.

 

Selon l'AFP, l'addition annuelle des péages que la compagnie versera à Lisea se monte à 250 millions. La SNCF a inscrit dans son budget 2017 un déficit opérationnel de 90 millions pour le seul second semestre 2017. Vu l'engouement des clients, ce chiffre devrait être revu à la baisse. Mais Guillaume Pepy persiste : les péages versés « sont très, très, très élevés et ils nous mettent hélas en déficit sur Paris-Bordeaux », indiquait-il jeudi sur RTL.

 

Et la facture pourrait encore s'alourdir : le contrat donne à Lisea la latitude d'augmenter ses péages de 3,5 % par an plus l'inflation les dix premières années. Mais la compagnie publique pourrait ne pas rester inerte, et réduire en retour le nombre de dessertes.

De quoi augurer à moyen terme d'une reprise du bras de fer ? Une baisse des circulations par la SNCF « n'est pas un scenario envisagé aux vues de l'engouement que génère cette nouvelle ligne à grande vitesse », estime pour sa part Hervé Le Caignec, le président de Lisea.

 

SOURCE : Les Echos 

 
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