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L'EVOLUTION DEMOGRAPHIQUE S'OPPOSE A L'ECLATEMENT DE L'UNIVERSITE DES ANTILLES
03-02-2019
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Dans la crise qui affecte l'Université des Antilles depuis sa création en 2015, outre toutes les questions strictement liées au fonctionnement de l'établissement, il y en a une que l'on prend rarement en compte : l'évolution démographique de la Martinique et de la Guadeloupe. Le tableau qui illustre le présent article est pourtant clair et fort peu rassurant pour l'avenir. Source : MONTRAY KREYOL

 

Dans la crise qui affecte l'Université des Antilles depuis sa création en 2015, outre toutes les questions strictement liées au fonctionnement de l'établissement, il y en a une que l'on prend rarement en compte : l'évolution démographique de la Martinique et de la Guadeloupe. Le tableau qui illustre le présent article est pourtant clair et fort peu rassurant pour l'avenir.

 

   En effet, en à peine dix ans, la population des deux îles s'est littéralement effondrée et la Guadeloupe est même passée en-dessous de la barre des 400.000 habitants. Il n'y a aucune raison de croire que la situation puisse s'inverser dans un avenir proche, les gesticulations politiciennes genre "Alé-Viré" d'une certaine sénatrice martiniquaise n'étant que du vent. En effet, nos quelques 7.000 jeunes martiniquais et guadeloupéens qui s'en vont chaque année, pas seulement en France, mais en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et dans le "Tout-Monde" cher à Edouard GLISSANT, ne reviendront pas au pays. Sauf pour y passer des vacances !

 

   Car lorsqu'ils auront trouvé un travail à l'étranger, y auront acheté un appartement, se seront mariés et auront des enfants, tous comme nos immigrés du BUMIDOM des années 60, il leur sera très difficile, voire impossible, de tout larguer pour rentrer en Martinique ou en Guadeloupe. D'abord, il leur faudrait trouver un travail à peu près équivalent ou payé à peu près au même niveau, chose aussi rare que des oeufs de cochon dans des îles où sévit un chômage endémique. Hélas, nos jeunes, une fois partis, ne reviendront pas, ne le pourront pas ! Il faut regarder la réalité en face.

 

   Ces données démographiques implacables n'ont pourtant pas empêché un syndicat guadeloupéen de l'Université, le SPEG, de présenter aux élections une liste clairement intitulée "POU GWADLOUP" et une profession de foi réclamant la création d'une Université de la Guadeloupe. A la Martinique, en dépit des humiliations répétées émanant de la gouvernance guadeloupéenne, il n'y a jamais eu aucun mouvement en ce sens. Personne n'a jamais, en Martinique, réclamé d'Université de la Martinique. C'est pourtant ce que laisse sous-entendre une certaine presse ainsi que l'article d'une soi-disant universitaire martiniquaise, publié sur un blog local, qui tente de faire peser sur les épaules des universitaires martiniquais et notamment de leurs élus la responsabilité de la crise actuelle.  Plus comique encore et odieux à la fois est un autre article sur un blog simiesque, expliquant que tout serait manigancé par l'ancienne présidente C. MENCE-CASTER, la création d'une Université de la Martinique étant censée lui faciliter son retour puisque la pauvre "a été exilée à La Sorbonne" !!! Le conard qui écrit cela ne sait même pas que personne, pas même un ministre de l'Enseignement Supérieur, n'a le pouvoir de déplacer un universitaire sans le consentement de ce dernier et que si d'ailleurs, il avait un tel pouvoir, il aurait exilée l'ancienne présidente non pas dans la plus vieille et la plus prestigieuse université de France (La Sorbonne a 12 siècles d'existence), mais dans une petit établissement de Trifouillis-les-Oies.

 

   (Qu'on le dise une fois pour toutes : les personnes les plus hostiles à l'éclatement de l'Université des Antilles sont celles qui ont, quatre ans durant, combattu le CEREGMIA. Pourquoi ? Parce que les chefs de cet ex-groupe de recherches ont fait appel de leurs condamnations et que le jour où ledit appel viendra à être jugé, si jamais l'entité juridique qui s'est portée partie civile n'existe plus, à savoir l'Université des Antilles, ils risqueraient d'être blanchis. Donc cette soi-disant universitaire insinue n'importe quoi et ferait mieux de se pencher sur les malversations du CEREGMIA qu'elle minimise dans son article !)

 

   Mais revenons à notre sujet : démographie et université. La Martinique et la Guadeloupe ne cesseront de perdre, inexorablement, des habitants dans les années qui viennent. Créer deux micro-universités est donc totalement absurde car ce sont moins d'étudiants, d'année en année, qui s'y inscriront. Sauf à satisfaire un chauvinisme insulaire ou des appétits de (petits) pouvoirs, beaucoup voulant faire un "kout prézidan Linivèsité", aucun pouvoir politique, tant local qu'hexagonal, ne saurait raisonnablement appuyer l'éclatement de l'Université des Antilles. Au contraire, ces pouvoirs devraient s'employer à ce que l'établissement fonctionne selon les règles définies dans la loi de 2015 qui l'a créé et en particulier, la toute première : le respect de l'autonomie des pôles. Or, cette dernière est sans cesse bafouée s'agissant de la Martinique, provoquant dernièrement le refus de la majorité des élus de ce pôle de participer au dernier conseil d'administration qui s'est tenue en Guadeloupe pour la 3è fois consécutive (Bonjour l'alternance entre les pôles !). Car, le grand public ne le sait peut-être pas, chaque pôle élit des universitaires chargés de les faire fonctionner. Ces personnes ne sont ni désignées ni nommées mais bien démocratiquement élues ! Ce qui signifie qu'elles émanent de la volonté populaire. Ne pas les écouter, multiplier les vexations et donner la préséance à des gens nommés par le fait du Prince est tout à fait inacceptable.

 

   Ensuite, ce que réclame le Pôle Martinique, outre le respect de son autonomie, ce sont trois choses : le respect de la traditionnelle répartition budgétaire (60% pour la Guadeloupe et 40% pour la Martinique) existant depuis plus de trente ans ; l'annulation de la décision de transférer progressivement une centaine de postes d'enseignants et d'administratifs du campus de Schoelcher vers le campus de Fouillole et la renégociation de ce point ; les moyens pour qu'enfin, les Sciences et Technologie puissent se développer sur le pôle Martinique.

 

   Est-ce trop demander ? En quoi ces revendications seraient-elle sécessionnistes ?

 

   Les élus martiniquais devraient se réveiller un peu sur ce dossier au lieu de se contenter de déclarations qui ne mangent pas de pain...

 
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