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L’indien dans la littérature antillaise
10-03-2008
par Gerry Letang

 

     La présence indienne dans les littératures de Guadeloupe et de Martinique a longtemps été ténue. Cette trace limitée s’explique par la perception jadis de l’Indien comme élément tiers, tard venu jouant un rôle controversé dans le jeu colonial. Cette perception négative, marquée au coin de l’illégitimité, allait de pair avec une non-perception de l’Indien, une invisibilité favorisée par la position minoritaire et dominée du concerné, le contraignant à la discrétion, à la revendication minimale. Le mouvement de la Négritude, école littéraire de référence en Martinique et en Guadeloupe à compter des années 1940, prolongea cette oblitération en réduisant le débat aux dualités Blancs/Noirs, Europe/Afrique.

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« LA FACE CACHEE DE PAPA DOC » OU LE DUVALIERISME VU DE L’INTERIEUR
05-03-2008
Image Exemplepar  Raphaël Confiant

Voici un livre extraordinaire ! Et ce qualificatif n’est nullement exagéré quand on sait que son auteur, Jean FLORIVAL, fut non pas un opposant au régime de Papa Doc ou un journaliste étranger ayant enquêté sur le pays, mais quelqu’un qui a vécu le duvaliérisme de l’intérieur. « La Face cachée de Papa Doc » (éditions Mémoire d’Encrier) nous révèle des choses que seul un intime des premiers cercles du pouvoir pouvait connaître. On y voit le Président à Vie non plus dans son rôle de tyran, de « dictateur sorcellaire », mais comme un homme puisque jusqu’à preuve du contraire tout tyran a d’abord été un être humain comme les autres. Et dans le cas de Duvalier (dont le grand-père paternel était d’origine…martiniquaise, du Lorrain plus précisément), on voit d’abord un petit docteur de campagne, à grosses lunettes aux doubles foyers, se dévouant à la cause de l’éradication du pian dans les campagnes et les mornes reculés d’Haïti, cela dans les années 40.

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Le statut et la place des danses traditionnelles dans le système éducatif : L’exemple de la Guyane
04-03-2008

par Monique Blérald-Ndagano de l'Université des Antilles et de la Guyane

«  …La danse est une admirable éducation du corps, de l’esprit et de la volonté.Elle assimile toutes les manifestations de la vie. Elle s’en nourrit, mais elleles transcende. » Alphonse Tiérou

La danse africaine, c’est la vie

           La danse traditionnelle peut être enseignée à tous les niveaux de la scolarité, de la maternelle à l’université. Elle peut être pratiquée au sein des ateliers de pratique artistique,   associant un enseignant à un artiste professionnel, en partenariat avec le Ministère de la culture. Aussi, au moment où nous sommes en plein débat sur le statut et la place des langues et cultures régionales à l’école, et notamment avec l’apparition du CAPES créole, s’interroger sur l’enseignement des danses traditionnelles a donc toute son importance

Quels sont les moyens mis en oeuvre pour l’enseignement des danses traditionnelles en milieu scolaire et universitaire ? Quelles sont les finalités d’un tel enseignement, notamment dans la politique de valorisation des langues et cultures régionales prônée par le Ministère de l’Education nationale ?  Dans le cadre de cet article, nous tenterons d’apporter modestement quelques pistes de réflexion à partir de diverses expériences d’enseignement que nous avons menées pendant une dizaine d’années  au  lycée, à l’université et  à l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) avec le soutien de plusieurs professeurs d’EPS et animateurs du monde associatif
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PROCOLE LASIDJIN, LE DEUXIEME ROMAN DE PAUL GABOURG
02-03-2008
Image Exemple Il y a deux ans, Paul Gabourg, Martiniquais, nous donnait à lire un premier roman succulent, intitulé « Rasin Kas », malheureusement passé inaperçu. Aujourd’hui, il nous revient avec « Protocole lasidjin - Contrat majeur pour l’herbe-qui-mord », publié chez K Editions, jeune maison dynamique dont Jean-Marc Rosier est le directeur.

L’ouvrage est doublement préfacé par Raphaël Confiant et Eliane Bolnet. Voici le texte de présentation d’Eliane Bolnet.

Paul Gabourg, écrivain de l’espace créole, militant de la caribéanité.

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Négritude, créolité, indianité, mondialisation
19-02-2008
Image Exemplepar Jean Bernabé, Professeur des universités

L’un des trois auteurs de l’ELOGE DE LA CREOLITE (1991), Jean Bernabé, linguiste et romancier, a rendu dernièrement hommage au Nègre Fondamental lors d’une conférence à l’Atrium.

Monsieur le Recteur,

Mesdames et Messieurs,

Chère jeunesse des Collèges et Lycées,

En la circonstance qui nous unit autour de l’anniversaire d'Aimé Césaire et de la célébration conjointe du cent-cinquantenaire de l'arrivée en terre martiniquaise des premiers engagés indiens, il m'est agréable de vous adresser quelques paroles, dont je voudrais qu'elles sèment et fécondent en vous les germes d'une nouvelle espérance, à contre-courant du pas dont semble aller notre planète.

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Conter : une tradition aveugle ?
17-02-2008
par Diana Ramassamy 

Image Exemple

Longtemps marginalisés, grands oubliés des études menées par les ethnologues et les folkloristes, les conteurs ont jusqu’à une période récente souffert d’une image surannée. Absents des recueils et autres corpus de contes, les conteurs ont généralement fait figure de simples répéteurs dont seul le dire importait.  En Guadeloupe, il devient cependant de plus en plus difficile aujourd’hui d’occulter les conteurs.  Très présents sur la scène médiatique, les conteurs sont généralement sponsorisés par les médias et les instances politiques, qui utilisent de manière subversive le patrimoine culturel "populaire", à leur avantage, conscients du rôle et de l’impact des conteurs sur la communauté.

 

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De l’héritage culturel congo, indien et chinois à la Martinique[1]
15-02-2008

Par Gerry L’Etang

Image ExempleL’étude comparée des permanences culturelles laissées à la Martinique par les groupes congo, indien et chinois arrivés dans la plantation post-esclavagiste, laisse apparaître d’évidentes disparités. L’explication de ces différences est à rechercher dans la durée de ces immigrations, leur rapport au pays originel, leur homogénéité/hétérogénéité ethnique, leur niveau de dépendance à l’égard de l’habitation, leur position respective vis-à-vis du pouvoir colonial et leur relation à la population noire créole majoritaire.

[1] Conférence donnée à la Maison franco-japonaise de Tokyo, le 21 avril 2003.

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Kaz-a-chin à Schoelcher
12-02-2008

La Bibliothèque municipale de Schoelcher dans ses nouveaux locaux situés à l’espace Ozenat a choisi l’écrivain Raphaël Confiant pour ses rencontres « A LIVREOUVERT ».

L’auteur présentera son dernier roman parut aux Editions Mercurede France « CASE A CHINE ».

Raphaël Confiant poursuit sa longue quête de l’âme créole à travers toutes les composantes de la société martiniquaise. Cette fois il lève le voile sur une communauté discrète mais présente depuis longtemps sur notre sol, les chinois. Même si le palais créole, mêlé avec la prononciation de noms qui lui paraissent compliqués, a résolument décidé de les appeler tous tout simplement « Chin ». Tout chin ka sanm mé tout chin pa chin.

C’est peut être du chinois pour vous, mais c’est tout simplement l’âme créole que nous vous invitons à découvrir le vendredi 15 février 08 à 19h00 à la Bibliothèque municipale à l’espace Ozenat.

Fernand Fortuné et d’autres invités nous livreront leur réflexion sur ce magnifique roman qui nous permet une belle incursion dans  l’une des composantes incontournables de la société créole.

Vini kay chin, zot ké trouvé tousa zot bizwen.

Jid


 
Jeudi 10 janvier à 19 h 00
09-01-2008

Raphaël CONFIANT

à la Médiathèque du Lamentin

La Médiathèque et l’Office de la Culture du Lamentin

vous invitent à la présentation de l’ouvrage

de Raphaël CONFIANT

CASE à CHINE

Programme

  • Mot de bienvenue
  • Gerry LETANG – L’émigration chinoise en Martinique : approche anthropologique 
  • Manuella YUNG HING – « Case à Chine » : un regard
  • Jocelyn ABATUCCI – « Un engagement historique du romancier »
  • Catherine HO HIO HEN - « Case à Chine » : une lecture
  • Intervention de l’auteur
  • Débat et témoignages
  • Signature du roman et du dictionnaire créole martiniquais

     

 

 
Les Voeux du Préfet de Martinique
03-01-2008

Mes chers compatriotes,

Je m’adresse à vous en citoyen de la République autant qu’en représentant de l’Etat, en homme autant qu’en préfet.  Comme vous, j’ai connu de grandes joies et de grandes angoisses en 2007. Comme vous, j’ai de grands espoirs et de grandes ambitions pour l’année 2008

J’ai d'abord connu la grande joie de venir en Martinique,  d’être parmi vous et de devenir Martiniquais de cœur en mettant  le pied sur le sol de cette île. Dès mon arrivée, en août, j’ai pu ressentir un peu de cet esprit de fraternité et ce dynamisme qu’exprime si bien le Tour des yoles. J’ai ensuite découvert une région qui est aussi un cœur battant d’émotion et de chaleur. J’ai découvert un département dont les richesses sont à la fois innombrables et disponibles, pour qui sait les rechercher et provoquer les rencontres.

         Pourtant, les épreuves n’ont pas manqué en 2007. Pour y faire face, nous avons déployé ensemble toute notre énergie.

Le cyclone Dean, d'abord, nous a durement affecté. Dans l'adversité, l’Etat a été présent à vos côtés avec les colletivités locales prouvant encore s'il en était besoin combien la solidarité demeure nécessaire et évidente dans notre île.

       Nous avons aussi fait face aux conséquences du séisme du 29 novembre, le plus fort qui ait affecté l’île depuis des dizaines d’années. Le Plan séisme Antilles, lancé en janvier 2007, se révèle plus que jamais indispensable pour mieux nous préparer à ce type d’événements. D'ailleurs, l’une de ses premières actions en a été la semaine Replik, qui a précédé le séisme, et peut-être sauvé des vies en rappelant les réflexes élémentaires de sécurité que nous devons adopter.

Mais le Plan séisme, c'est aussi et d’abord un plan de renforcement ou de reconstruction des bâtiments les plus stratégiques en cas de séisme majeur : les écoles, les hôpitaux, les établissements de secours. Des financements de l’Etat, ainsi que les fonds structurels européens, seront mobilisés pour permettre de répondre à ce risque majeur. A plus court terme, le programme de reconstruction des écoles les plus endommagées est en cours de finalisation.

Le cyclone, le séisme, n’ont pas été les seuls à nous rappeler que les rapports entre l’homme et la nature ne sont pas toujours harmonieux. L’épidémie de dengue que nous avons connue a permis d' activer les plans de prévention que les services de l’Etat ont su gérer avec rigueur et vigilance. La santé, nous le savons tous, est notre bien le plus précieux et le plus précaire. Je pense ici, plus largement, à tous ceux qui sont malades,  à tous ceux qui ont craint pour la vie de leurs proches. Je vous redis à quel point je vous comprends, et combien il est important que la fraternité s’exprime à ces moments-là, par quelques gestes de réconfort, quelques mots d’amitié.

C’est justement parce que la santé est précieuse qu’il est terrible de la mettre en danger sur les routes. C’est pourquoi je serai inflexible en matière de sécurité routière. Le bilan de 2007  amorce une baisse du nombre de tués et de blessés, mais cela ne me suffit pas, un mort sur la route est toujours un mort de trop.  Les deux-roues surtout paient le plus lourd tribut. Je rappelle que le port du casque n’est pas une option : c'est une obligation. Et cette obligation est destinée à sauver des vies.  Je continuerai donc à mettre en œuvre dans ce domaine une politique féroce et transparente. 

Je veux aussi une île où chacun se sente libre de circuler et d’évoluer en grande sécurité. La délinquance générale a baissé en 2007 de 3.47 %. et la délinquance de voie publique a diminué de 16 %. Les événements de Saint-Joseph ou les drames comme ceux que nous avons connus récemment à Montgéralde ne doivent pas nous faire oublier ces bons chiffres que je veux encore faire baisser, notamment pour es atteintes aux personnes

La Martinique a des défis à relever. Mais la Martinique a aussi des atouts à défendre dans la mondialisation.

Pour cela, l’Europe est prête à l’aider : c’est plus de 600 millions d’euros de crédits communautaires que l’Union européenne va mobiliser sur la période 2007-2013, notamment pour le développement des infrastructures de transport et touristiques, ainsi que pour la recherche et le soutien aux entreprises innovantes.

Par ailleurs, l’Etat a co-signé en avril 2007 avec le département et la région un contrat de projet qui permettra d’engager plus de 780 millions d’euros de crédits publics et privés sur la même période. Ces fonds serviront par exemple à soutenir la création d’un musée martiniquais d’art moderne, à favoriser le désenclavement numérique de l’île ou à rénover les structures d’accueil pour les personnes âgées.

Autre preuve du dynamisme de l’île et du volontarisme de l’Etat : le lancement dès 2008 d'une zone franche globale d’activités. Après plusieurs réunions avec les collectivités locales et les forces vives de l’île, 3 secteurs sont apparus prioritaires :  le tourisme, car il nous faut remonter la pente et valoriser notre formidable patrimoine, les activités de service, aux entreprises ou aux personnes et enfin les éco-activités (traitement des déchets ou des eaux usées, économies d’énergie). Le Grenelle de l’environnement, qui s’est tenu en octobre,  engage une nouvelle dynamique : nous avons tous compris que l’avenir de la nature est aussi l’avenir de l’homme, sur une planète qu’il doit préserver pour les générations futures

Le Grenelle de l’environnement a mis en lumière la volonté du gouvernement de mener une démarche partenariale. Cette volonté, transversale à toute l’action de l’Etat, s’exprime encore sous d’autres formes. J’ai ainsi créé un Forum pesticides, qui  répondra aux attentes des associations oeuvrant pour la protection de l’environnement. La première réunion de ce Forum en décembre a été fructueuse, permettant aux différents membres de la société civile de dialoguer avec les scientifiques et avec les experts représentants des services de l’Etat.

Je veux enfin souligner le fait qu’avec une croissance de plus de 4 %, soit deux fois supérieure à la métropole, la Martinique confirme la bonne tenue de sa situation économique. Cela se traduit par une décrue du chômage global et par un nombre élevé de créations d’entreprise. Le chômage reste cependant trop important et la mise en œuvre du plan de cohésion sociale par le service public de l’emploi demeure une priorité de mon action.

Je sais aussi que le pouvoir d’achat est une autre préoccupation majeure de tous nos concitoyens. C’est pourquoi je viens d’installer un Observatoire des prix et des revenus, dont la mission sera de mener des études approfondies sur l’évolution des prix et la composition des revenus des Martiniquais.

C’est donc sur tous les fronts que nous devons travailler ensemble pour avancer plus vite. Quelques maîtres mots sont à retenir : culture du risque, transparence, humanité. Je serai présent sur le terrain, à vos côtés, parce que l’Etat est là pour soutenir les initiatives qui aident à mieux vivre ensemble. Il est là pour donner l’envie d’entreprendre. Il est là pour gérer les crises, pour accompagner dans les moments difficiles, pour encourager ceux qui rêvent  et surtout ceux qui font. En 2008, nous agirons. En 2008,  nous ferons.

Mes chers compatriotes, belle et heureuse année à vous tous, dans l’action et dans la création, dans l’entente et dans la confiance 

          Mwen ka souhaité zot an bon lanné.

 

 
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