ADHESION DE LA MARTINIQUE A LA FIFA : LE PREMIER MINISTRE BOTTE EN TOUCHE !

Décidément, le dialogue entre Paris et les Outre-Mer semble bien difficile à établir. A la demande du Président de l’Assemblée de Martinique d’un AVIS favorable en soutien à une adhésion de la Ligue de Football de Martinique (LFM) à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), le Premier Ministre a laissé le soin à son Directeur de Cabinet d’y répondre.  Sur la forme, on relève un manque d’égard très significatif à notre première  ligue sportive et aux élus de l’Assemblée de Martinique. Quant au fond, le Premier Ministre a manifestement botté en touche.

Attendue par le milieu du football d’Outre-Mer, la réponse du Premier Ministre vient donc de tomber en cette veille d’Assomption. En rappelant aux élus de Martinique que « La décision relève des instances sportives elles-mêmes : La Ligue de Martinique, la Fédération Française de Football et la Fédération Internationale de Football (FIFA), le Premier Ministre n’a pas trop mouillé son maillot et a opté pour le Principe de Ponce-Pilate.

Pourtant, la démarche inédite initiée par les Conseillers de Martinique avait suscité bien des espoirs. En effet, sur le fondement de l’article L.7252-1 du Code Général des Collectivités Territoriales, pour la première fois, les élus de l’Assemblée avaient saisi directement le Premier Ministre pour lui transmettre une vieille revendication du monde du football. Réunis en séance plénière le 26 novembre 2019, ils avaient ponctué un long débat, riche et constructif, d’un vote à l’unanimité.

Visiblement, Paris n’a mesuré ni l’impact de sa décision, ni les enjeux de l’adhésion des ligues régionales d’Outre-Mer à la FIFA. Or, en l’état actuel du droit positif, ni les dispositions de la Constitution, ni celles du Code du Sport ne s’opposent à une telle adhésion. De plus, les statuts de la FIFA eux-mêmes comportent une clause dérogatoire : «  11.6. Avec l’autorisation de l’association membre du pays dont elle dépend, une association d’une région n’ayant pas encore obtenu l’indépendance peut également demandé l’admission à la FIFA. »

Seule la volonté politique de nos gouvernants fait cruellement défaut.

En cette période troublée de tensions sociales et raciales où les questions mémorielles se posent avec une certaine acuité, on aurait pu s’attendre à plus d’égard pour une jeunesse en quête de repères. Pourtant, nos sportifs ont fait, et font toujours, les beaux jours des équipes nationales françaises. Et, c’est très certainement là que le bât blesse !

Désormais, c’est sur le terrain juridique que ce dossier d’adhésion à la FIFA devrait trouver son épilogue.

 

Martinique, 14 août 2020

Louis BOUTRIN

Conseiller exécutif CTM

en charge des SPORTS

Document: