MARTINIQUE : OUI À LA TENUE D’UN CONGRÈS DÉMOCRATIQUE

Chers(es) Camarades du Gran Sanblé pou Matinik,  

NE NOUS TROMPONS PAS DE COMBAT ! Nous avons déjà obtenu deux quasi victoires dans notre dynamique d’évolution institutionnelle et statutaire :

1ère Victoire : Le 29 juin 2022, l’Assemblée de Martinique a voté pour notre proposition en faveur d’un Congrès des élus alors qu’initialement LETCHIMY, NILOR et NADEAU proposaient une CTAP (Conférence Territoriale de l’Action Publique) pour tenter de sortir le pays de l’ornière.

2ème Victoire : Sous la pression conjuguée des élus de Guyane, de Martinique, de Corse, et tout récemment de la Polynésie française, l’idée d’une évolution institutionnelle voire statutaire est aujourd’hui admise par le Président de la République et le gouvernement français.

Reste aujourd’hui à transformer l’essai !

Pour ce faire, il convient de se montrer à la hauteur des enjeux politiques et de rompre avec les postures politiciennes actuelles. Les divisions MIM / PPM sont d’une autre époque, d’un autre siècle et les jeunes qui viennent d’atteindre la majorité attendent de nous un sursaut politique salvateur. Sommes-nous donc en mesure de tirer les leçons des errements politiques du passé qui ont conduit à l’échec des consultations référendaires des 07 décembre 2003 et 10 janvier 2010 ?

Alors, permettez-nous de vous dire qu’à MARTINIQUE-ÉCOLOGIE nous ne partageons pas l’analyse que vous faites du Congrès car elle tend à cultiver la division au moment même où il convient de s’inscrire dans une démarche pédagogique et de rechercher l’unité du Peuple Martiniquais. D’ailleurs, si on s’en tient à certaines prises de position publiques, votre analyse ne fait pas l’unanimité au sein même de notre coalition.

Aussi, en l’état actuel de l’avancée des travaux du Congrès, rien ne vous autorise à affirmer objectivement que :

« (…) notre devoir est de mettre en garde contre les décisions unilatérales qui souffrent d’une absence d’expression plurielle et de légitimité démocratique et d’exiger que soit poursuivie dans les formes la démarche du Congrès, car c’est au peuple Martiniquais qu’il revient de se prononcer en fin de compte sur toute évolution institutionnelle ».

En ma qualité de co-animateur de la Commission ad hoc relative aux « Nouvelles compétences et pouvoirs normatifs à négocier », je m’inscris en faux contre de telles affirmations.

Pour mémoire, je viens d’adjoindre une proposition de PRÉAMBULE au document de synthèse du Congrès qui, conformément aux dispositions de l’article 72-4 de la Constitution, rappelle un principe majeur garantissant notre assentiment démocratique :

« Aucun changement, qu’il soit de nature institutionnelle ou statutaire, ne peut s’effectuer sans que le consentement des électeurs martiniquais ait été recueilli préalablement ».

Bien au contraire, la tenue du prochain Congrès le 21 juillet 2023 est l’occasion de rechercher les conditions d’une concorde martiniquaise et d’un consensus pour trouver un cadre juridique adapté permettant de poser les bases d’un développement endogène. Après le diagnostic et les préconisations, c’est l’étape la plus importante. Dans l’unité, elle devrait nous permettre de faire triompher l’idée d’une avancée institutionnelle, voire statutaire, revendiquée des années durant par toute une génération, sous l’impulsion d’Alfred MARIE-JEANNE.

C’est tout le sens de mon engagement personnel !

Martinique, le 3 juillet 2023

Louis BOUTRIN
Conseiller Territorial de Martinique
Président de MARTINIQUE-ÉCOLOGIE