SEISME HAITI : QUE CETTE CATASTROPHE REVEILLE LE PAYS

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Regard lucide et sans complaisance de Leslie Péan :
"Pour affronter l’horreur, il ne faut pas s’arrêter de penser."

Dès les premières heures de l’aube du 13 janvier, les amis dominicains étaient au rendez-vous de la solidarité pour arpenter avec les Haïtiens la route de leur malheur. Ils étaient à Delmas, à la Grand’Rue, à Cité Soleil pour faire les premières évaluations du séisme et apporter les premiers secours au désastre provoqué par ce méga-drame. Ils côtoyaient les cadavres jonchant leur parcours. La désolation ambiante défie le pouvoir d’évocation des mots. Ils s’attaquaient au défi humanitaire de corps gisant sur la chaussée dégageant une puanteur insupportable. En effet, seize heures après le séisme, les cadavres commençaient à entrer en putréfaction sous la chaleur de 90 degrés. On se doit d’enlever son chapeau pour saluer tous ceux et celles qui refusent de récupérer l’événement et qui s’engagent dans l’anonymat. En protégeant la dignité des assistés. Aux premières heures du jour, leur hélicoptère a atterri dans l’obscurité. Loin de tout paternalisme, les amis dominicains d’Haïti se sont réveillés tôt pour apporter leur soutien à leur peuple frère. Un appui silencieux tout comme celui apporté par les Cubains. Sans fanfare.

L’ampleur de la catastrophe qui vient de frapper Haïti n’est pas pour nous plonger dans l’impuissance et pour écarter la réflexion et l’expérience dans les actions à mener pour atténuer les conséquences gravissimes du séisme. C’est le moment d’un réveil national pour trouver les moyens à mettre en œuvre afin d’avoir des solutions à la hauteur des besoins des victimes frappées par le malheur. Après le séisme de magnitude 7.3 sur l’échelle de Richter, 48 répliques de magnitude comprise entre 4.3 et 5.9 ont continué de secouer le pays, [1] cinq jours après le mardi 12 janvier à 16 heures 53. Nous exprimons toutes nos condoléances aux familles endeuillées par cette grande tragédie. Nous partageons leurs peines et exprimons notre solidarité à tous ceux et celles qui sont victimes de cette catastrophe.

L’aide internationale a été prompte et efficiente, de la République Dominicaine qui s’est manifestée immédiatement à la Chine rouge qui est arrivée la première en Haïti avec un avion charriant 60 secouristes, suivie par les Etats-Unis, l’Islande, Cuba et Porto-Rico. Le président Obama a promis une aide de 100 millions de dollars, délégué deux bateaux et un porte-avion avec 24 hélicoptères pour assister Haïti. Le président Préval a pris peur devant un tel déploiement. Il craint que les 10,000 soldats dont 3,800 sont déjà sur place, soient un cheval de Troie. Trente pays parmi lesquels le Venézuela, la France, la Russie, le Mexique, le Canada ont envoyé des secouristes avec du matériel pour les opérations de recherche et de secours incluant des chiens renifleurs pour trouver les victimes sous les décombres. La communauté internationale a promis un montant global de 360 millions de dollars comme aide d’urgence. Une goutte d’eau dans l’océan des besoins pour les prochains six mois évalués par Ban-Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, à 562 millions de dollars.

En effet, nos estimations font état de dommages et pertes d’un montant de 4 milliards de dollars pour une année, soit 56% du PIB, afin qu’Haïti soit au niveau où elle était avant le séisme. Ces 4 milliards de dollars nécessaires pour alimenter un Fonds de Reconstruction incluent les effets de la catastrophe sur les infrastructures, l’appareil productif et l’environnement. Ils n’incluent pas les aspects sociaux et psychologiques qui méritent certainement une attention soutenue. Les risques de dégradation mentale sont réels et des dispositions doivent être prises afin que le séisme ne vienne augmenter l’exclusion de certaines catégories sociales. À cet égard, l’expérience du Rwanda peut être utile dans le traitement du stress post-traumatique.

Plus généralement, l’expérience du tsunami à Banda Aceh en Indonésie où périrent 130.000 personnes en décembre 2004 doit être mise à profit. Au cours de la première année, c’est essentiellement l’aide d’urgence d’un milliard de dollars qui a été mise en œuvre. Ce n’est qu’en 2006 que les travaux de reconstruction ont effectivement démarré. La communauté internationale a investi 13 milliards de dollars pendant cinq ans pour effacer les traces matérielles du tsunami. L’aide internationale est bienvenue, mais à chaque étape de l’intervention des secouristes et donateurs, des cadres haïtiens devraient les accompagner dans un partenariat pour assurer leur efficience et leur efficacité. Sinon l’aide sera gaspillée et n’atteindra pas les personnes auxquelles elle est destinée.

Le plus dur dans l’urgence est de coordonner les actions

Des interventions directes, concertées et planifiées sont nécessaires pour secourir les blessés, pour faire une action rapide afin d’aider ces gens, pour enlever les cadavres qui sont dans les rues et autour des campements, pour que les gens n’enterrent pas eux-mêmes leurs cadavres. Toute une logistique est nécessaire pour coordonner les actions.

L’aide massive ne peut pas être distribuée si l’accès aux quartiers est interdite à cause des routes bloquées telles que la Grand’Rue, la route de Delmas et l’Avenue John Brown ainsi que nombre de rues secondaires. Plus que jamais, les informations doivent être disséminées. Les radios Mélodie, Signal FM et Caraïbe ont joué un rôle important dans l’information de la population depuis le 12 Janvier. Ces radios ont permis de combattre les rumeurs des voleurs qui prétendent que les eaux ont envahi le bas de la ville, afin que les gens quittent leurs maisons pour qu’ensuite elles soient dévalisées par d’autres bandits dans la chaine des malfaiteurs. L’assassinat du militant anti-MINUSTAH, le professeur Anil Louis Juste, 52 ans, deux heures avant le séisme, indique que les adeptes de la violence continuent avec leurs pratiques meurtrières.

La coordination des interventions des secouristes de 30 pays est capitale pour éviter qu’ils ne se marchent sur les pieds les uns les autres. Les premiers signes de ce dérapage sont évidents avec les Américains contrôlant l’aéroport qui ont interdit l’atterrissage d’un avion français apportant un hôpital de campagne. Ou encore avec les militaires de l’ONU interdisant aux médecins de Partners in Heath de continuer leurs activités médicales à ciel ouvert dans leur périmètre d’action. La rationalisation des interventions des secouristes est d’autant plus importante pour inciter les populations touchées à participer aux décisions qui concernent leurs vies. Tout comme le gouvernement haïtien doit rendre des comptes sur les ressources financières et matérielles mises à sa disposition, l’industrie humanitaire doit aussi rendre des comptes au gouvernement et à la population. Plus fondamentalement, un réel partenariat doit être établi avec les Haïtiens dans tout sérieux effort humanitaire et de développement. Comme l’explique l’écrivain américain Tracy Kidder dans le New York Times, la communauté internationale a saboté la révolution haïtienne de 1804. Mais, plus important encore, Tracy Kidder suggère que si Haïti continue d’avoir une pauvreté abyssale malgré l’existence de dix mille organisations non-gouvernementales (ONG) à travers le pays depuis trente ans, la preuve est donnée que ces organisations sont très peu efficaces dans la lutte contre la pauvreté. [2] Les secouristes étrangers doivent être accompagnés de leurs collègues haïtiens. On a vu comment, grâce à leur connaissance du terrain, les pompiers venant du Cap-Haitien ont pu, trois jours après le séisme, sauver encore des vies sous les décombres.

Des larmes de crocodile ou de l’aide pour la reconstruction

Les Haïtiens doivent être conscients que la tâche est immense et que l’État haïtien n’a pas les compétences requises. Le président a malheureusement choisi de se taire dans les premières vingt heures de l’événement. Dans la tempête, le capitaine du bateau n’a pas donné des directives. L’équipage ne sait pas quoi faire et l’inertie s’installe. L’inaction gouvernementale est d’autant plus grande qu’il n’y avait pas de pensée prospective pour préparer des réponses prévisionnelles de secours à une catastrophe annoncée par des experts haïtiens.

En effet, le géologue haïtien Patrick Charles, 67 ans, ancien professeur à l’Université de La Havane, avait prédit une catastrophe environnementale en Haïti le 25 septembre 2008 dans le journal haïtien Le Matin. Il avait alors déclaré « Toutes les conditions sont réunies pour qu’un séisme majeur se produise à Port-au-Prince. Les habitants de la capitale haïtienne doivent se préparer à ce scénario qui finira, tôt ou tard, par arriver ». [3] Un autre expert haïtien, l’ingénieur géologue Claude Prépetit, un an plus tard, le 8 octobre 2009, mettait en garde les autorités sur les risques sismiques qui menaçaient Haïti. [4] Dans son rapport qui a été classé dans un tiroir, l’ingénieur Prépetit avait écrit « De faibles secousses sismiques ont été ressenties dans plusieurs coins du pays durant la période des inondations catastrophiques. Bien que les inondations soient d’origine météorologique et les séismes, d’origine géophysique, il semblerait qu’il existe un lien entre ces deux phénomènes naturels. »

Les inondations catastrophiques précurseurs du séisme sont les deux tempêtes tropicales Fay et Hanna et les deux ouragans Gustav et Ike qui ont ravagé Haïti aux mois d’août et septembre 2008. Des secousses sismiques de faible intensité avaient été enregistrées alors tout le long de la faille sismique Pétionville/Tiburon. Pourquoi le gouvernement haïtien a-t-il refusé d’écouter les enfants du pays ? Est-ce parce que les dirigeants haïtiens ne considèrent pas leurs propres concitoyens comme des êtres de savoir et de savoir-faire ? Ils préfèrent suivre ceux qui nous ont mis sous embargo depuis l’indépendance de 1804 et qui n’ont que des larmes de crocodile devant nos malheurs. Quand ils ne disent pas tout simplement qu’Haïti est un pays maudit dont les fils ont contracté, lors de la cérémonie du Bois–Caïman du 22 août 1791, un pacte avec le diable comme l’a déclaré l’ancien candidat à la présidence et révérend évangéliste américain Pat Robertson à la télévision au lendemain du séisme. L’ordre punitif mondial a sanctionné Haïti et les Haïtiens pour avoir mis le monde sur le chemin de la liberté contre l’esclavage. Et depuis lors, le défi haïtien continue dans sa résistance contre cet ordre maléfique.

Pour un plan de reconstruction sans illusions

Le gouvernement dit avoir créé une cellule de crise. Pourtant la population n’est pas informée sur le travail de cette cellule ? Quelles sont les équipes de secours et de sauvetage dont dispose cette cellule ? Combien sont à Delmas ? Combien sont au centre ville, à Carrefour, à Turgeau, à Pétionville, à Léogane, à Jacmel ? Comment s’organise l’accès aux zones sinistrées, notamment proches de l’épicentre, telles que Carrefour et Léogane ? Qui s’occupe de faire un diagnostic rapide des besoins ? Le président Préval était visiblement incapable de dire quels étaient les besoins 24 heures après la catastrophe. Un peu décevant. Le 13 janvier, c’est sur les ondes de Signal FM, que le cinéaste Arnold Antonin s’est fait l’écho de la société civile haïtienne pour exiger une prise de position du gouvernement haïtien en général et du président Préval en particulier en leur demandant de venir s’exprimer devant la nation. [5] Dans ce genre de situation en Chine en 2008 par exemple, on a vu le premier ministre Wen Jiabao se rendre sur les lieux du séisme 90 minutes après les incidents et s’adresser aux sinistrés.

Pour affronter l’horreur, il ne faut pas s’arrêter de penser L’autre danger qui menace Haïti aujourd’hui est de croire et de faire croire que la communauté internationale puisse trouver les solutions à la place des Haïtiens. Qu’on nous comprenne bien. Il existe de la solidarité internationale, mais parfois les catastrophes naturelles sont l’occasion d’effets d’annonce. Dans les périodes de crise financière internationale, les promesses risquent de ne pas se matérialiser ou encore l’aide réelle ne dure que le temps de la couverture médiatique de l’événement. Pour ceux qui rêvent, qu’ils se rappellent qu’aux Etats-Unis d’Amérique, le pays le plus développé du monde, après le passage de l’ouragan Katrina, non seulement, les pauvres de la Nouvelle Orléans ont tout perdu, mais de plus aucune reconstruction sérieuse des digues n’a été entreprise par le US Army Corps of Engineers. [6] Les Haïtiens ne peuvent vraiment compter que sur leurs propres forces, sur celles de leurs frères et sœurs vivant en diaspora. Car une fois passé le moment d’urgence, la communauté internationale aura d’autres chats à fouetter. L’extrême-droite républicaine américaine veille au grain et a déjà commencé à attaquer le président Obama pour ses promesses d’aide à Haïti.

Haïti a des ressources à mettre en valeur dans le travail de reconstruction pour améliorer le sort national. Ce n’est pas le moment pour des actions aveugles. Pour couper les arbres afin de faire du feu pour cuire les aliments. Ni de construire des maisons sur des flancs de montagne parce qu’il faut avoir un toit. La reconstruction des zones sinistrées ne peut se faire sans un plan dans lequel les Haïtiens ont leur mot à dire. Il faut une réflexion sérieuse pour déterminer collectivement comment nous allons gérer l’espace national afin qu’il ne soit pas simplement que la reproduction au niveau du sol des rapports sociaux de chen manje chen. L’organisation américaine Active Learning Network for Accountability and Performance in Humanitarian Action (ALNAP) a fait la collecte des expériences mondiales en matière de sauvetage pour se relever des catastrophes naturelles. Nous mettons en annexe leurs recommandations en français. Contrairement à ce que l’ignorance propage, plus que jamais, c’est le moment de la réflexion pour l’action. Pour affronter l’horreur, il ne faut pas s’arrêter de penser.

Annexe. Recommandations

Les 17 recommandations ci-après, tirées de cette évaluation, proposent des mesures pour atteindre les objectifs globaux suivants permettant d’améliorer les diagnostics internationaux des besoins :

• La communauté internationale doit adopter une approche plus pragmatique du diagnostic des besoins (recommandations 1 à 5).

• La nécessité d’évaluations thématiques réalisées par des gens de l’extérieur peut être réduite grâce à la remise du pouvoir décisionnel aux populations touchées (recommandation 6).

• La rationalisation des mécanismes pléthoriques qui se répètent et se font concurrence actuellement permettra d’améliorer la qualité des diagnostics des besoins (recommandations 7 à 10).

• Les mass-media continueront à jouer un rôle déterminant (recommandation 11).

• De nouveaux arrangements financiers et administratifs s’imposent pour mobiliser les équipes d’évaluation de manière rapide et efficace (recommandations 12 et 13).

• Un changement d’attitude est indispensable – il convient d’introduire le contrôle de la qualité et l’obligation de rendre compte dans la plus grande « industrie non réglementée » du monde (recommandations 14-16).

• L’ensemble des personnes ou ménages touchés doivent être inscrits dans une base de données centrale, qui comprend également les détails de leur situation et de leurs besoins (recommandation 17).

1. L’ONU et la Croix-Rouge doivent soit investir massivement dans le diagnostic rapide des besoins humanitaires soit cesser de faire croire que ces diagnostics influent sur la prise de décisions.

2. Les donateurs et les intervenants doivent continuer à investir dans les diagnostics de qualité, menés dès le début, des besoins de rétablissement des moyens d’existence.

3. Tous doivent investir dans le renforcement des capacités nationales d’évaluation (état de préparation).

4. Les diagnostics futurs doivent être réalisés conjointement avec les autorités nationales et faire l’objet d’accords officiels signés avant toute catastrophe future.

5. Les premiers diagnostics rapides réalisés avec le gouvernement national doivent faire davantage appel à la télédétection (images satellites).

6. Des interventions à base d’argent doivent être mises en œuvre dans la mesure du possible.

7. L’ONU et la Croix-Rouge doivent s’unir pour aider le gouvernement à réaliser un premier diagnostic rapide des besoins.

8. L’ONU doit intégrer tous les éléments d’intervention destinés à appuyer les diagnostics (UNDAC, CIH, UNJLIC) dans un seul programme de gestion des connaissances. Une séparation claire doit être établie entre les ressources humaines et matérielles consacrées à la coordination et au diagnostic des besoins.

9. OCHA doit augmenter sa capacité d’analyse des données et brosser un tableau global, consolidé et actualisé, des besoins et des lacunes.

10. Les organisations chefs de file pour certains secteurs ne doivent pas être détournées de leurs fonctions essentielles d’évaluation et de coordination pour s’occuper de la mise en œuvre directe d’actions humanitaires.

11. La possibilité d’intégrer des représentants des mass-media dans les équipes d’évaluation rapide doit être sérieusement envisagée.

12. Des fonds doivent être prévus et toujours disponibles pour les diagnostics rapides.

13. Les procédures d’approvisionnement et de recrutement de l’ONU doivent être améliorées afin d’assurer la disponibilité immédiate de ressources humaines et d’appui logistique. Si cela s’avère impossible, l’externalisation doit être envisagée.

14. Une fois résolue la situation d’urgence immédiate, les donateurs doivent faire d’un diagnostic fiable et d’un plan clair de suivi de l’évolution des besoins une condition sine qua non de leur financement.

15. L’ONU doit améliorer la fiabilité des estimations du nombre de personnes touchées et de leurs besoins. Elle doit également décourager, de façon proactive, l’apport de formes d’aide déplacées.

16. La capacité d’évaluation doit constituer l’un des critères du système proposé d’accréditation internationale des organisations humanitaires.

17. Les personnes/ménages touchés doivent tous être inscrits dans une base de données centrale gérée conjointement par les autorités nationales, l’ONU et d’autres acteurs internationaux.

 

[1] U.S. Department of the Interior, U.S. Geological Survey, 
January 15, 2010

[2] Tracy Kidder, « Country without a net », OP-Ed, New York Times, January 13, 2010

[3] Phoenix Delacroix, « Haïti – Menace de Catastrophe Naturelle / Risque sismique élevé sur Port-au-Prince », Le Matin, 25 septembre 2008.

[4] Haïti : "Cesser de construire notre vulnérabilité", Le Nouvelliste, 23 octobre 2009. Le rapport de Claude Prépetit a été publié par le Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics, Delmas 33, Rue Louverture # 27, Port-au-Prince, Haïti. Voir également Claude Prépetit, « Tremblements de terre en Haïti : mythe ou réalité ? », Le Matin, jeudi 9 octobre 2008.

[5] Jean-Michel Caroit, « A Port-au-Prince, une situation "dantesque" », Le Monde, 14 janvier 2010.

[6] Errol Louis, “Four years after Hurricane Katrina, New Orleans still needs us”, Daily News, August 30, 2009.