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Visite du 1er Ministre en Martinique
03-01-2008

Visite du Premier Ministre François FILLON 

en Martinique

 

4 et 5 janvier 2008

 

Vendredi 4 janvier 2008 :

 

21 h 15            Atterrissage à l’aéroport du Lamentin

(2h15)             Rencontre informelle avec la presse

 

Samedi 5 Janvier 2008 :

 

08 h 20            Départ pour le monument aux morts de la plaine de la Savane à Fort de         

                        France

08 h 50            Honneurs militaires et dépôt de gerbe au monument aux morts de la plaine de la

                        Savane à Fort de France

 

09 h 05            Départ pour l’ancienne mairie

 

09 h 10            Accueil à la mairie par Yvon PACQUIT adjoint au maire de Fort-de-France

09 h 15            Rencontre avec Aimé CESAIRE (pool)

 

09 h 30            Entretien avec Serge LETCHIMY, Député- maire de Fort-de-France (pool) à l'hôtel de ville

10 h 00            Palais des congrès  « Madiana »

(15h00)           Accueil par Alfred ALMONT, Député-maire de SCHOELCHER

 10 h 10            Rencontre avec Alfred MARIE-JEANNE, Député, Président du conseil  régional et Claude LISE, Sénateur, Président du conseil général et les parlementaires

10 h 30            Intervention du Premier Ministre devant  les élus ( salle 6)

11 h 00            Rencontre avec les élus  (salle 9)

 

11 h 30            Départ en bus pour le Morne Rouge

12 h 20            Arrivée au Morne Rouge - vue panoramique du site dans le centre du bourg de (17                Morne Rouge

12 h 40            Point informel avec la presse

13h00              Déjeuner à « l’Auberge de la Montagne pelée » sur le thème de la prévention et                                  de la gestion des risques      

14 h 30            Départ pour Fort-de-France

 

15 h 30            Visite de l’opération de réhabilitation de l’habitat insalubre de « TRENEL » à                          Fort-de-France

Accueil par Serge LETCHIMY, Député-maire de Fort-de-France et par Madame  BELLEFONT, conseiller municipal

- Présentation de l’opération de réhabilitation et visite du site à pied

16 h 15            Départ pour l’hôtel La Batelière 

                        Salle de presse

 

19 h 00            Participation du Premier ministre en direct au JT de RFO Télé Martinique

20 h 00            Décollage du Premier ministre pour Paris

 
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02-01-2008
Bonne année 2008
 
Condamnation au travaux forcés au Tchad
27-12-2007

Tentative d'enlèvement d'enfants au TCHAD

Les français de l'Arche de Zoé écopent de

8 ans de travaux forcés au TCHAD

et de 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts

 

Les six Français de L'Arche de Zoé ont tous été condamnés mercredi à la même peine, huit ans de travaux forcés, par la Cour criminelle de N'Djamena qui les a jugés coupables d'avoir tenté d'enlever 103 enfants au Tchad afin de les emmener en France il y a deux mois. Evénement
Le président de l'association Eric Breteau, son assistante Emilie Lelouch, les logisticiens Alain Péligat et Dominique Aubry, le médecin Philippe Van Winkelberg et l'infirmière Nadia Merimi ont été reconnus coupables de "tentative d'enlèvement de 103 enfants tendant à compromettre leur état civil" et "grivèlerie".
Mahamat Dagot, un chef de quartier de Tiné, ville frontalière du Soudan, et Souleïmane Ibrahim Adam, un Soudanais qui a servi d'intermédiaire dans la région d'Adré, autre localité de l'extrême est du Tchad, ont été jugés coupables de "complicité de tentative d'enlèvement d'enfants" et, bénéficiant de "larges circonstances atténuantes", ont écopé de quatre ans de prison ferme.
Enfin, le maire et le secrétaire général de la mairie de Tiné, Sinine Amadou Nassour et Ahmat Harane Gnoye, ont été acquittés après avoir été mis hors de cause à la barre par Eric Breteau.
Eric Breteau, tout comme Souleïmane Ibrahim Adam, ont également été jugés coupables de "faux et usage de faux en écritures publiques".
Les huit coupables ont été condamnés à verser "solidairement" aux familles des 103 enfants un total de 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros) de dommages et intérêts.
A l'énoncé du verdict par le président de la Cour Ngarhondo Djidé, après trois heures d'attente dans une salle d'audience bondée et à la lumière de néons, les Français ont paru sonnés. L'infirmière Nadia Merimi a fondu en larmes dans les bras de son avocat français, Me Mario Stasi.
Les condamnés sont repartis en fourgon cellulaire vers la maison d'arrêt. Main dans la main, Eric Breteau et Emilie Lelouch portaient à nouveau le pantalon de sapeur-pompier et le gilet bleu estampillé Children Rescue, nom de leur opération au Tchad, qu'ils avaient abandonnés le temps du procès.
Les Français avaient été arrêtés le 25 octobre à Abéché, principale ville de l'est tchadien, alors qu'ils s'apprêtaient à embarquer 103 enfants à bord d'un Boeing-757 afin de les emmener en France, où les attendaient des familles d'accueil. L'opération avait été condamnée par Paris et N'Djamena.
Dans la matinée, la défense des dix accusés avait plaidé l'acquittement, tandis que le procureur général Beassoum Ben Ngassoro requérait entre sept et onze ans de travaux forcés pour chacun des six Français, des peines plus légères pour les deux intermédiaires et l'acquittement des deux responsables de la mairie de Tiné.

Intervenant en dernier, Eric Breteau, qui avait pris en main sa défense dès vendredi à l'ouverture du procès, a pour la première fois esquissé de timides regrets.
"Nous avons toujours recherché des orphelins du Darfour", région soudanaise voisine en guerre civile, a-t-il réaffirmé.
Si les 103 enfants "sont Soudanais (...), nous les avons privés d'un avenir meilleur", a-t-il dit. "S'ils sont Tchadiens et qu'on nous a menti, si nous les avons séparés de leurs familles, nous sommes navrés, sincèrement désolés, car nous n'avons jamais voulu les séparer des familles".
"Je suis scandalisé par l'uniformité de la peine" contre les six Français, a déclaré à l'AFP leur avocat tchadien, Jean-Bernard Padaré.
Sa consoeur française Céline Lorenzon a annoncé qu'elle allait "faire revoir la peine en France, puisque les travaux forcés n'existent pas".
"La même peine pour tous, cela signifie que les peines étaient fixées d'avance", a-t-elle ajouté, "en colère et écoeurée".
Le ministère français des Affaires étrangères a fait savoir que Paris demanderait "aux autorités tchadiennes le transfèrement en France des condamnés" pour qu'ils y purgent leur peine, conformément à une convention de coopération judiciaire de 1976. De source diplomatique à N'Djamena, on affirme que ce rapatriement pourrait intervenir "très rapidement"

 

 
le procès de l'Arche de Zoé
26-12-2007

Enlèvement d'enfants au TCHAD :

 

7 à 11 ans de prison pour les 6 français

 

Le procureur général de la Cour criminelle de N'Djamena a requis mercredi de 7 à 11 ans de travaux forcés contre les six accusés français dans le procès de L'Arche de Zoé. Evènement
L'intervention du procureur, Beassoum ben Ngassoro, doit être suivie des plaidoiries des avocats de la défense et des parties civiles.
Les avocats de la défense vont plaider l'acquittement, tandis que les avocats des familles des 103 enfants qui devaient être emmenés d'Abéché (est du Tchad) vers la France vont demander que les accusés soient déclarés coupables et réclamer un million d'euros de dommages et intérêts par enfant, comme ils l'ont déjà demandé lundi.
Jugés depuis vendredi, les six membres français de L'Arche de Zoé sont accusés d'avoir voulu emmener du Tchad en France 103 enfants. Ils ont affirmé qu'il s'agissait d'"orphelins du Darfour", une province soudanaise voisine de l'est du Tchad en proie à la guerre civile.
Les Trois Tchadiens et le Soudanais sont jugés pour complicité dans cette affaire.
A l'issue des plaidoiries, le jury, présidé par le président de la Cour criminelle Ngarhondo Djidé, composé de trois magistrats professionnels et de quatre jurés tirés au sort parmi des citoyens tchadiens inscrits sur les listes électorales, délibérera et rendra son jugement.
A leur arrivée au palais de justice de la capitale tchadienne, les accusés français paraissaient tendus, le visage fermé et sérieux.
Comme les journalistes demandaient à certains comment ils allaient, Emilie Lelouch, 31 ans, la compagne du président de l'association française Eric Breteau, a répondu très brièvement: "Mal".
Alain Péligat, ancien militaire et logisticien de l'opération, a déclaré: "Pas très bien". Quant au docteur Philippe Van Winkelberg, 48 ans, il a affirmé : "Je pense à ma femme qui doit être terrorisée".
Nadia Merimi, 31 ans infirmière, évacuée lundi sur l'hôpital militaire français de N'Djamena après un malaise, est aussi présente dans le box des accusés. Elle avait regagné mardi soir la maison d'arrêt de N'Djamena où les accusés sont incarcérés.
En cas de condamnation, les six Français pourraient être transférés en France pour y purger leur peine en vertu de l'"Accord en matière judiciaire" entre le Tchad et la France signé le 6 mars 1976 à N'Djamena par le Premier ministre français Jacques Chirac et le chef de l'Etat tchadien d'alors Félix Malloum.
Le scénario qui semble être privilégié par Paris et N'Djamena est le transfèrement en France des membres de L'Arche de Zoé dans les jours qui suivraient cette condamnation, selon plusieurs sources proches du dossier.

 
Sonie Isaac scandalisée par l'émission Le CLUB
24-12-2007

Tentative de lynchage médiatique

 

 du Pr BELPOMME sur ATV

Par Sonie Isaac

 Une téléspectatrice indignée a adressé le courrier ci-après à la rédaction d’ATV suite à la dernière émission du "CLUB" à laquelle était invité le professeur Dominique Belpomme pour parler de l’empoisonnement de nos pays au chlordécone et autres pesticides. Il va sans dire que la rédaction de MONTRAY KREYOL approuve totalement les propos de la téléspectatrice dans la mesure où nos "journalistes" y ont fait preuve d’une mesquinerie et d’une hargne qu’ils se gardent bien de mettre en oeuvre quand ils ont en face d’eux un préfet ou un ministre...

 Dimanche 15 décembre émission « Le Club »

 Le Club, n’est pas une émission que j’affectionne particulièrement car je trouve les journalistes assez contents d’eux-mêmes et du coup assez peu professionnels .Si les personnes ou les « personnages » invités jouent le jeu le plus souvent en toute sincérité , de la part des journalistes les questions posées , sont souvent sans réels fondements , rarement pertinentes , les propos assez niais, accompagnés de sourires imbéciles qui font souvent penser à une classe de terminale, peu encline à la réflexion . Mais, j’aime ATV , j’aime les émissions qui s’y réalisent Elles rentrent en parfaite harmonie avec le PAM et pour soutenir les efforts qui y sont faits je regardais aussi « Le Club »

  Hier soir , « le Club », recevait le professeur BELLEPOMME et pour la première fois j’ai eu vraiment honte et j’étais navrée qu’une telle chose ai pu se faire sur ATV.

Cependant , La première question que je voudrais poser à ATVJe n’aborderai ici ni la question de l’éthique d’une émission ni la déontologie du journaliste car cela serait faire injure à des professionnels qui ont fait quelques études dans ce sens ou encore qui font carrière de ces métiers .

1/ Puisque cette émission n’est pas en direct comment la chaîne a t-elle pu laisser diffuser une telle chose

 2/ la seconde serait à propos du PAM , un regard sur nous antillais et se poser la question de l’aliénation sur des gens qui ont entre 30 et 50 ans et qui se disent l’élite du pays parce qu’ils sont persuadés manier la langue de Voltaire pour mieux s’enfonçer dans un racisme primaire, le tout orchestré par un petit chef blanc qui , mettant sa bannière de Zorro , cherche diviser un peu plus qu’il ne l’est , le pays entre les martiniquais et les martiniquais

Il faudrait tout de même apprendre deux vérités fondamentales à Monsieur P.LOUIS

a/ que les antillais sont assez adultes pour entendre des vérités sur les poisons déversés dans la terre et le risque pour la santé publique

b/ même à la Martinique nous connaissons le vieil adage qui dit que CELUI QUI DIT LA VERITE DOIT ETRE EXECUTE

Et je ne résiste pas à la tentation de demander à Monsieur Louis Patrice, qui l’a « payé » ce soir-la , pour ridiculiser à ce point ses petits camarades ? .

Mais ce qui est frappant c’est surtout que le lynchage auquel se sont livrés certains employés dits journalistes d’ATV, Cela ne grandissait pas la Martinique, encore moins les MartiniquaisJe ne connais pas Monsieur BELLEPOMME ,je le trouve un peu prétentieux , n’empêche que ce qu’il dit est vrai, il a été reçu chez beaucoup de spécialistes et chercheurs martiniquais, que ses analyses ne sont pas si infamantes qu’on a bien voulu dire et que ces vérités aussi difficiles à entendre , ce devait d’être dites .

 4/ j’ai aussi envie de demander aux « autres » -sans rater le rédacteur en chef de RCI qui me semblait jusqu’à hier soir, être digne du nom de journaliste, comment il a pu ainsi donner dans ce jeu de massacre face à un chercheur et un scientifique qui n’est ni fonctionnaire de l’Etat , ni un journaliste aux ordres Il ne m’a pas paru pire que le Ministre Allègre à qui on a fait tant de courbettes lors de son passage dans cette même émission

 Même si ces fantoches ont oublié d’être intelligents et que la « télé » donnent des petits pouvoirs , sans vouloir plagier le poète comment avez-vous pu danser ainsi au Carnaval de « l’Autre » ?

 Il fallait tout de même oser demander à ce professeur BELLEPOMME, des comptes sur son épiderme , question par trop injurieuse pour nous , même si c’est vous qui êtes reconnus comme des « complexés » Et ce, même quand on a « lapo sové »

En dépit de la mulâtraille de vos questions , c’est à dire liées à la vulgarité et à l’ignominie, à mon tour de poser une question du même ordre qu’une de celle que vous posiez au professeur -Dites moi Monsieur le directeur de Soft System Si Boug la té an gro mapipi nèg , es ou té ké pozé kestyion kom koi, ki moun ki bay lagan pou fè audit , oben , ki moun ki mandéy fè recherche anlè pesticides ki ka tchoué moun an péyi a ?Même si charitablement voire même poliment , Monsieur Belleponne a tenté de mettre votre ignorance sur le compte de votre jeunesse et votre incompétence , je continue de penser que votre émission hier soir était scandaleuse et que les gens qui l’ont mené inqualifiables.                                                                                                                                     Sonie Isaac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
La Caraïbe secouée par un séisme de magnitude 7,4
30-11-2007

Faut-il avoir peur

 des tremblements de terres ?

par Louis BOUTRIN

        

         La question est sur toutes les lèvres depuis le terrible séisme du jeudi 29 novembre 2007. Sur le coup des 15 h 10, un tremblement de terre de magnitude 7,4 a secoué fortement  la Martinique mais aussi  l’ensemble de la zone caraïbe. Manifestement, tous les observateurs sont d’accord sur un point : Nous n’étions pas prêts ! Et surtout, … nous avons tous eu très peur ! Au marin, il y a eu un mort : une femme âgée victime …d’un malaise cardiaque dans une maison de retraite.

         Vécus comme une fatalité, les séismes sont redoutés par la majorité de nos concitoyens. Pourtant, notre situation dans une zone III à forte sismicité nous dicte une autre approche du risque sismique. D’autres régions du monde à l’instar de l’archipel japonais, ont développé une culture du risque sismique afin d’atténuer les effets sur les populations. Une meilleure compréhension du phénomène et une politique préventive à la hauteur de cet aléa s’imposent. Elles devraient nous permettre d’appréhender le phénomène avec plus de sérénité. 

        Depuis plusieurs années, nous sommes peu nombreux à militer activement pour tenter de faire naître cette nécessaire prise de conscience du risque sismique. La recrudescence des séismes à forte magnitude et le choc de jeudi dernier devraient favoriser ce changement de comportement tant espéré.

        Pour l’heure, en réponse à la question « Faut-il avoir peur des tremblements de terre ? » nous mettons en ligne le  dossier consacré aux  séismes  publié dans un précédent numéro de notre magazine (cliquez sur News)

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Raphaël CONFIANT, ce soir à la Médiathèque du Lamentin
29-11-2007

Soirée Littéraire 

CASE à CHINE

Le dernier roman de Raphaël CONFIANT, aux Editions Ecritures

jeudi 29 novembre 2007NOVEMBRE

18H30

à la Médiathèque du Lamentin  

 

 

 

 

 
CHAMOISEAU Un mercredi soir à la Bibliothèque Schoelcher
27-11-2007
Soirée Littéraire 

UN DIMANCHE AU CACHOT

Le dernier roman de Patrick CHAMOISEAU, aux Editions Gallimard.

  Lectures d'extraits, exposés, critiques

et discusssions entre l'auteur et ses invités.

ó Miguel Chamoiseau (Critique littéraire)

ó Serge Domi (sociologue)

ó Guillaume Pigeard de Gurbert (philosophe)

ó Miriel Chamoiseau -Marc (Présidente de l'association la Sainte Famille )

ó Yvan Labéjof (dramaturge, comédien et metteur en scène,)

MERCREDI 28 NOVEMBRE

18H30

à la Bibliothèque Schoelcher.

 
Patrick CHAMOISEAU abat les murs des intolérances.
31-10-2007

 Dans une interview accordée au quotidien France-Antilles, Patrick CHAMOISEAU revient sur l'épineuse question de l'identité nationale. Un sujet qui a fait l'objet d'un  essai  co-signé avec Edouard GLISSANT : "Quand les murs tombent"

 

 

Patrick CHAMOISEAU

 

SE DEGAGER

 

 

 

 

Rudy RABATHALY (F.A.) - Vous venez de publier un roman qui s’intitule « Un dimanche au cachot », et, avec Édouard Glissant, un opuscule intitulé « Quand les murs tombent. L’identité nationale Hors la loi ? » Ce dernier titre est symbolique et laisse à penser que, selon vous, sur la question de l’identité nationale, l’État et son gouvernement foncent tout droit dans le mur ?

Patrick Chamoiseau – En fait ces deux ouvrages parlent du même thème : l’identité. Et il me semble que si la question identitaire a toujours été lancinante chez nous, notamment en littérature, elle le devient de plus en plus pour tous les individus et les peuples du monde. Quand on voit qu’en plein 21ème siècle, sur la terre des « Droits de l’Homme », un gouvernement démocratique crée un « ministère de l’identité » et que ce même ministère est chargé de réprimer toute immigration, de dresser un mur entre la France et les peuples non européens, on se dit qu’il y a là une régression majeure et que cette régression est liée à un obscurcissement de la notion d’identité. La vente de cet opuscule servira à aider les associations de sans-papiers.

F.A. – En quoi est-ce une régression ?

P.C. - Créer un ministère de l’identité nationale, c’est considérer que l’identité, individuelle ou collective, relèverait d’une essence intangible, d’un pur trésor fixe qu’il faudrait préserver de toute contamination, surtout de celles qui proviendraient d’Afrique ou des terres non  occidentales. Pour bien comprendre l’aberration de cette création (qui n’a pas beaucoup ému les intellectuels français), il suffit de voir ce qui s’est produit quelques temps après. On commence à boucler des quartiers entiers, et comme aux pires époques à opérer de véritable « rafles » sur tous les immigrés, on impose aux préfets des objectifs pré-chiffrés qu’ils doivent atteindre coûte que coûte, on traque des enfants et des vieillards, on précipite dans la terreur des centaines de familles dont certains membres se jettent par des fenêtres… Et pour couronner le tout, on a recours à des tests ADN d’une manière qui relève de la purification ethnique par le biais des gênes… Accepter qu’un ministère s’occupe de l’identité nationale c’est rentrer poings et mains liés dans cette logique là…

F.A. - Comment définiriez vous l’identité, individuelle ou nationale ?

P.C. - L’identité n’apparaît que lorsque l’on est confronté à « l’Autre ». Quand je dis « l’Autre », je ne parle pas seulement d’un étranger, d’une personne différente de moi qui parlerait une autre langue, qui aurait une autre couleur de peau, un autre dieu, une autre musique… « L’Autre », doit se concevoir au sens où l’entendait Derrida, c’est à dire : ce qui advient, ce qui survient, c’est l’imprévisible, l’imprédictible, c’est l’inconnaissable, l’incalculable, c’est l’impensable… « L’Autre » c’est un évènement au sens le plus complet du terme…

F.A. - Et cet « évènement » suscite l’identité ? P.C. - Quand on est confronté à «l’Autre », la question n’est seulement de savoir Qui je suis ?, mais de savoir : Qu’est-ce que je peux devenir en face de cela, qu’est-ce que je peux faire de cet évènement, comment l’appréhender au mieux ?  L’esclavage aux Amériques a été un deshumain grandiose, un événement définitivement impensable, un « Autre » démesuré que j’explore dans le roman « Un dimanche au cachot ». L’esclavage de type américain est un « Autre » qui a modifié l’idée même que l’on pouvait se faire jusqu’alors de l’identité et qui, dans ses résultantes, a exacerbé sa face souple, relationnelle, protéiforme et fluide…

F.A.- L’identité créole ?

P.C. – Exact. Nous, créoles américains, nous savons mieux que tout autre, que l’identité n’est pas une essence fixe mais un appareillage relationnel, sensible, intime, culturel et symbolique, qui me permet de vivre au mieux, d’exister au mieux, et de tirer richesse de l’évènement qu’est « l’Autre ». Chaque rencontre avec un « Autre » modifie, augmente, impressionne, cet appareillage intime, culturel et symbolique… On comprend donc que l’identité me permet de vivre au plus intense, d’exister vraiment, de m’épanouir vraiment…

F.A.- L’identité comme outil d’existence ?

P.C. – Tout à fait. Celui qui ne disposerait pas de cet appareillage, ou qui essaierait de le figer ou de l’administrer, ou de l’enfermer derrière un mur ou derrière un ministère, se mettrait à vivre d’une sorte minérale ou végétative, ou pire : à la manière des nazis et des racistes purificateurs… On n’existe que dans son rapport à « l’Autre », étant bien entendu que « l’Autre » peut aussi être soi-même, le mystère infini de soi-même auquel on est confronté à mesure que la conscience et la connaissance que l’on a de soi s’amplifient…

F.A. - Le concept d’État-nation est à dépasser en Occident ou sur la totalité du monde ?

P.C. - Il est déjà dépassé. Les capitalistes financiers ne se connaissent plus de race, de peau, de drapeau ou de nation. Ils ont trente ans d’avance en matière d’emprise sur la totalité-monde, et leurs exactions libérales sont désormais hors d’atteinte des législations nationales. Un capitaliste libéral japonais, ou un français, ou un indien ou un martiniquais, sont identiques dans leur imaginaire. Dans la finance, il n’y a plus d’occidentaux ou de non occidentaux, il n’y a que des logiques d’exploitation et de profit qui sont devenues le moteur virulent de la mondialisation. Il nous faut des institutions progressistes meta-nationales, voire mondiales, pour tenter de réinstaller un cadre de progrès humain opposable à ces nouveaux monstres dans tous les coins du monde…

F.A. – Et pour la Martinique , Guadeloupe ou Guyane ?

P.C. - La Martinique , comme la Guadeloupe ou la Guyane , est une nation naturelle, une nation sans État. Mais nous devons réfléchir tout de suite à cette dimension meta-nationale pour dessiner les contours que devra prendre notre nécessaire souveraineté… C’est difficile à penser. Ça  l’est déjà pour les nations qui disposent d’un Etat, ça l’est aussi pour les nations qui n’en disposent pas encore… mais la difficulté n’est pas la même : du fait de l’absence de tradition étatique, nous serons sans doute plus libres pour élaborer des gouvernances inédites…

F.A. - Quelle serait la meilleure parade à la régulation de l’immigration en France, en Guyane, en Guadeloupe ou en Martinique ?

P.C. - Il faut distinguer deux domaines : celui de « l‘action politique » et celui des « valeurs ». L’action politique se doit d’être réaliste, pragmatique, proche des préoccupations quotidiennes de citoyens. Et c’est vrai que certaines personnes en Guyane, Guadeloupe ou Martinique, ou en France, rencontrent des difficultés et des problèmes réels ou imaginaires en face des phénomènes migratoires. Une action politique doit en tenir compte mais en se soumettant à des principes et des valeurs, non pas en les bafouant. La France à une image mondiale, c’est celle des Droits de l’Homme, c’est celle de la liberté élevée à sa plus haute exigence, et elle bafoue ce visage pour des calculs politiciens...

F.A. - Que faudrait-il faire ?

P.C. - Agir mais en n’oubliant pas que tout immigré est une chance offerte, une richesse qui survient, que tout individu, toute nation ne peut tirer son épanouissement que dans son ouverture au monde. En n’oubliant pas aussi que les flux migratoires proviennent des exploitations et des misères mises en oeuvre ou provoquées par les pays riches et les pratiques libérales, et que la maigreur de l’un provient de l’obésité de l’autre, et vice versa, et qu’aucune obésité ne peut se maintenir longtemps dans un tel océan de maigreurs… Si on agit avec cette conscience juste et ces valeurs cela changerait complètement l’action politique en matière d’immigration…

F.A. - Et pour la Martinique  ?

P.C. - En ce qui concerne la Martinique , je pense par exemple, que les descendants d’Amérindiens sont des citoyens de droit de notre pays, comme ils devraient l’être pour tous les pays de la Caraïbe. Je pense aussi que tous nos plans de développement ou d’épanouissement ne peuvent s’envisager que dans le co-développement, an Larond fos, avec nos voisins immédiats, de Sainte Lucie, Dominique, Haïti.. etc. Il faut dès à présent les regarder non pas en se disant « Qu’est-ce que nous pouvons leur apporter ? », mais « Qu’est-ce qu’ils peuvent nous apporter ?». Cette inversion de l’approche est déterminante. Celui qui croit tout apporter ne peut rien recevoir. Et dans la perspective d’un développement écologique ce qu’ils peuvent nous apporter est immense à tous points de vue… 

 

F.A. - L’identité-relationnelle peut-elle se concevoir sur des bases d’échanges inégaux (pays développés, pays sous-développés, peuples riches, peuples pauvres…) ?

P.C. - La relation véritable à l’Autre engendre naturellement justice, équilibre, équité, conscience que ce que je suis dépend de ce qu’est l’autre, que la richesse de l’autre est la mienne, et que la mienne passe par la sienne… La difficulté c’est que nous sommes devenus des peuples d’individus en face de la totalité-monde. Les emprises communautaires, la face collective de l’identité, ne sont plus aussi contraignantes qu’avant. Chacun peut construire sa vie, sa sexualité, sa famille, son rapport aux femmes, choisir sa terre natale, sa langue, sa musique, selon une échelle de valeurs et de principes, qu’il doit élaborer lui-même sur la base des valeurs générales communément admises….

F.A. - Lesquelles ?

P.C. - Démocratie, non ingérence, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, égalité homme femme, respect de l’enfance, primat de la Raison , nécessité du symbolique, réinscription de l’Homme dans la chaîne transversale du vivant… etc, etc.… Ces valeurs sont laïques et elles ont dépassé les cadres moraux, nationaux ou ethniques…

F.A. - Une sorte d’humanisme mondialisé ?

P.C. - Disons que ces valeurs relèvent non pas d’un « humanisme » (car l’homme n’est pas l’aboutissement du vivant, ni le centre) mais d’une « juste conscience ». Ce qui fait que les nouvelles fraternités, se construisent non pas selon les vieux critères communautaires (la même peau, la même terre natale, la même langue ou le même dieu) mais selon des structures d’imaginaire. Mme Condoleeza Rice est noire mais elle n’a rien à voir avec M. Mandela ni avec M. Césaire, elle est identique à Bush. Du point de vue de l’imaginaire, Mme Rachida Dati c’est avant tout un clone de M. Sarkozy… Si le capitalisme libéral financier est aujourd’hui puissant et sans rival c’est parce qu’il s’est dépris des vieilles identité closes et de leurs oripeaux. Il est la seule idéologie politico-économique qui s’adresse non pas à des peuples mais à des individus. La seule idéologie qui sait s’adresser à des individus et agir sur les échelles de valeurs qu’ils se construisent. Socialismes et communismes, dans leurs mises en oeuvre actuelles, s’adressent encore hélas à des peuples compacts, des imaginaires de groupe, des classes sociales homogènes... Le champ de bataille est désormais dans l’imaginaire, il nous faut changer les imaginaires, retrouver par ce changement les nouvelles bases du progrès social, du développement juste, de la fraternité et de la solidarité nouvelles… Un nouvel imaginaire peut aussi nous permettre de relire Marx autrement…

F.A. - Le terrorisme ou encore les intégrismes participent-ils des fameux murs identitaires ?

P.C. - L’intégrisme relève du mur identitaire. Il dresse un mur pour lutter contre la domination occidentale, et il s’étouffe ainsi. Les murs étouffent d’abord ceux qui les dressent. Le terrorisme est une forme de résistance sans espoir et sans moyens, un désespoir orgueilleux qui ne comprend plus les forces agissantes dans le monde, et qui réagit de manière brutale et aveugle. Et tous commettent une erreur. L’ennemi ce n’est plus l’Occident, c’est la brouillasse des capitalistes financiers sans nation, sans terre, sans drapeau, sans visages, et qui s’entendent entre eux. C’est cela qui standardise les peuples, qui les transforme en troupeaux de consommateurs, c’est par là que toutes les modélisations s’imposent. L’idée du « choc des civilisations » est une absurdité qui ne sert qu’à cacher le lieu du vrai combat. Dans les masses financières qui régentent la vie du monde, il a y de l’arabe, du japonais, du chinois, toutes sortes d’avidités invisibles qui ne sont pas occidentales, et celles qui proviennent d‘occident n’ont plus besoin de cette origine pour s’étendre et fructifier…

F.A. - Quasiment tous les mouvements anticolonialistes se sont construits autour d’une identité racine. Les Antilles françaises poursuivent encore aujourd’hui dans cette voie et vous dites qu’elle est bouchée…

P.C. - Parce que dans les luttes anticolonialistes classiques, il existait un « avant » le colonisateur. Toutes les décolonisations ont mobilisé la langue, les traditions, la culture d’avant l’arrivée du colonisateur pour organiser leur résistance. Le problème c’est que nous, créoles américains, sommes nés dans la colonisation. Ce qu’il y avait avant, les sociétés amérindiennes, a été démembré. Ce qui fait que le colonisateur est dans notre langue, dans nos gênes, dans nos traditions, dans notre musique, dans notre imaginaire... Nous relevons d’emblée d’une identité relationnelle inédite… Difficile de trouver comment résister avec cela. Devant une telle difficulté, Fanon lui-même a préféré endosser un autre combat…

F.A. - Que faire alors ?

P.C. - Nous devons inventer de nouvelles formes, non de « résistance » qui est l’affaire du simple rebelle, mais « d’existence totale » qui est l’affaire du Guerrier. Notre peuple composite doit trouver des solidarités neuves pour relier les individus-à-imaginaire-mosaïque qui le composent. Il doit aussi s’efforcer d’entrer d’une manière inédite dans un monde qui change et qui va encore changer à grande vitesse. Nous ne devons renoncer à aucune liberté, à commencer par la nôtre. Je suis et resterai indépendantiste, mais j’appelle indépendance « la maîtrise des interdépendances qui nous seront nécessaires ». Cela change tout. L’imaginaire relationnel m’a appris qu’il nous faut non pas rompre des liens, mais les transformer en véritables flux relationnels, en construire un maximum, les multiplier, les démultiplier, se libérer ainsi dans la Relation vive… C’est une autre manière de penser l’indépendance... Une manière de Guerrier.

F.A. - Vous rangez l’indépendance nationale au chapitre des utopies ?

P.C. - Non, ce n’est pas une utopie. Les décolonisations des années 50 ont fait disparaître les administrations coloniales mais pas l’esprit colonial. Et nous avons à lutter non pas contre le colonisateur qu’ont connu les africains, les algériens ou les vietnamiens,  mais contre « un esprit colonial » qui peut subsister dans la bienveillance, la gentillesse, le tutoiement, l’assistance, l’aide, le paternalisme, la reconnaissance linguistique ou culturelle… Le sigle « DOM-TOM » c’est l’esprit colonial. Penser que la Martinique peut se développer sans responsabilité, ne pas placer la responsabilité collective qui illumine les responsabilités individuelles, en dynamique de toute politique de développement, est un des symptômes de l’esprit colonial. Revendiquer la responsabilité pour les martiniquais, des espaces de souveraineté ou même la souveraineté pleine et entière, n’est pas une utopie, c’est une nécessité élémentaire qui ne peut affoler que les étroitesses de  l’esprit colonial. L’utopie c’est autre chose…

 

F.A - C’est quoi ?

P. C. - C’est ce que le réel ne peut plus imaginer. J’imagine très bien notre souveraineté...

 

F.A. - Aprézan, comme vous l’avez dit après Dean, n’est pas seulement une affaire martiniquaise…

P.C. - C’est l’affaire de tous. Le monde va connaître des mutations majeures, des pandémies imprévisibles et imparables, des tourmentes climatiques, et un choc biologique jamais connu auparavant dans la disparition accélérée de la biodiversité. Il faut désormais tout repenser, et l’affaire du chlordécone n’a qu’une vertu : c’est de démontrer que si les martiniquais continuent de déléguer à d’autres qu’eux-mêmes, leur santé, leur survie, leur pensée, leur développement, et la lutte qu’il auront à mener contre les destructions naturelles massives à venir, ils connaîtront de vastes désillusions... Il nous faut prendre la main.

F.A. - Le maire de Fort-de-France, Serge Letchimy, revendique un statut écologique dérogatoire. N’est-il pas temps de penser notre développement autrement que par dérogation ?

P.C. - Je préfère déroger à l’assistanat, à la dépendance et à l’irresponsabilité, plutôt que de m’y adapter. Déroger, c’est : ne pas se conformer, prendre l’écart. C’est aussi porter atteinte, et c’est de toute manière aller en extension. Je suis indépendantiste mais je ne cracherai pas sur l’autonomie. Et je ne crache pas non plus sur la moindre extension qui me permettrait de m’occuper moi-même d’une part de mon épanouissement, de ma sauvegarde, ou de ma projection au monde. Il faut tout faire pour ne pas laisser apparaître et s’installer une écologie assimilationniste

 

F.A. - Qu’est-ce que vous appelez « écologie assimilationniste » ? 

 P.C. – Une pratique écologique vertueuse qui ne ferait que nous installer dans plus de dépendance et d’assistanat. Si la conscience écologique qui s’élargit aujourd’hui chez nous peut être mise au service d’une conscience nationale comme le propose M. Letchimy, je dis que c’est tant mieux. M. Garcin Malsa dans «  La Mutation Martinique  » parlait de « souveraineté optimale », ce qui veut dire : conquérir pas à pas le maximum d’espaces de souveraineté possibles compte tenu du degré de conscience des martiniquais… L’approche est imparable. Attendre le grand soir, la grande liberté totale et majestueuse, est une forme de renoncement à la liberté, un immobilisme suspect que beaucoup d’indépendantistes purs et durs pratiquent de manière confortable. En revanche, aller, bay douvan pas à pas, conquérir des espaces, dégager, « se dégager » au sens créole de dégajé, aller de libertés en libertés et se construire avec, est absolument recevable…

 

F.A. - Vous êtes inscrit au PPM ?

P.C. - Non, je suis indépendantiste, mais je suis martiniquais. Pour moi, M. Letchimy  a une bonne idée, et c’est en tant qu’indépendantiste que je soutiens une idée qui s’efforce de définir du « libre » dans une nécessité incontournable… Et l’apport de cette idée par rapport au Schéma Régional de Développement ou l’Agenda 21 du Conseil général, c’est que la responsabilité est posée comme principe de la sauvegarde et du développement, ce n’est pas simplement une annexe… De plus, ces trois projets sont absolument compatibles et complémentaires. On verra s’il existe suffisamment de maturité politique dans ce pays pour qu’une union sacrée se fasse autour de ces trois perspectives…Les martiniquais devraient d’ailleurs l’exiger… Quand on vous soumet une idée de développement, cherchez la dose de « libre », la dose de dégajé qu’il y a dedans, et s’il y en a pas ou peu, c’est qu’elle n’est pas pertinente... Un dégagé juridique comme ce que propose M. Letchimy nous permettrait de mettre en œuvre tous les axes classiques de développement tout en réglant nos mapians : espaces de souveraineté, assemblée unique, pouvoir législatif, protection de nos sols, contrôle de nos emplois, capacité à entrer en relation directe avec la caraïbe… et tout cela sur fond de crise écologique, donc de danger qui aiguise les imaginations et fait croître ce qui sauve… Je travaille avec lui sur cette idée. Il nous faut tous la fréquenter, l’amplifier au maximum en relation avec les autres projets …Vous pouvez être des nôtres.

F.A. - Votre réflexion après Dean vous a valu les foudres de guerre de certains intellectuels. Là aussi, vous ne pensez pas que l’on va dans le mur ?…

P.C. - Je n’ai pas vu de foudres, je n’ai vu là que deux souffrances pathétiques. Il vaut mieux laisser cela à la psychanalyse.

 Propos recueillis par Rudy Rabathaly.

 

 

 

 

 
Chlordéconce : Raphaël CONFIANT répond à Patrick LOZES
19-10-2007

« NON, MAIS IL SE PREND POUR QUI CE LOZES ? »

                                                       par Raphaël Confiant

    Dans l’édition du quotidien « France-Antilles » en date du vendredi 19 octobre, je découvre, non sans stupéfaction, une interview du sieur Lozès, président autoproclamé  « des Noirs de France » (sic) dans laquelle on peut lire ceci :

    « J’appelle tout le monde, y compris M. Confiant, à faire de la Martinique un territoire écologiquement propre. »

    De quel droit ce monsieur se permet-il de lancer cet appel aux Martiniquais et à moi en particulier ? A-t-il jamais vécu dans notre pays ? A-t-il jamais une seule fois, au cours des dix ou vingt dernières années, jamais pris position sur un seul problème concernant la Martinique ou les Antilles ?

    Je n’ai ni conseil ni leçon à recevoir, pas plus en matière d’écologie que dans d’autres domaines, d’individus qui utilisent la couleur de leur peau pour obtenir des positions de pouvoir dans l’appareil sarkozien, et cela quand bien même, comme c’est présentement le cas, ils n’ont aucune qualification pour occuper lesdites positions. Que M. Lozès joue la carte du « noirisme » en France, c’est son problème ! Qu’il accepte une « mission sur les minorités visibles » qui y vivent, c’est son droit le plus absolu ! Mais il n’a pas à s’occuper des problèmes de la Martinique qui sont du ressort des seuls Martiniquais, de ses travailleurs, de ses hommes politiques, de ses intellectuels ou de ses militants associatifs.

    Pendant 30 ans, les différents gouvernements de Droite, de Gauche et de cohabitation ont sciemment caché au peuple martiniquais que nos sols, nos rivières, nos nappes phréatiques  et nos rivages étaient massivement contaminés par l’usage délirant de tout un cocktail de pesticides (plus de 100 !) utilisés dans les bananeraies. Alors même que les propres services déconcentrés de l’Etat en Martinique conduisaient des enquêtes scientifiques aux termes desquelles ils aboutissaient  toujours aux mêmes conclusions, à savoir que nous subissions un empoisonnement massif, un vaste silence, un silence organisé, s’est installé autour de cette question. Silence dont notre peuple paie aujourd’hui dramatiquement les conséquences : explosion du taux de cancers, développement inquiétant des maladies d’Alzheimer et de Parkinson, infertilité féminine et masculine croissante, malformations congénitales etc…

    Pour avoir milité depuis près de vingt-cinq ans sur le terrain, aux côtés de Pierre Davidas, de l’ASSAUPASSU devenue l’ASSAUPAMAR, puis aujourd’hui de l’association « Ecologie urbaine », dirigée par Louis Boutrin, j’ai été de tous les combats écologiques de ce pays. A l’époque, les beaux esprits et autres « gran-grek » locaux se riaient de nous et traitaient Davidas d’affabulateur ou de dérangé mental.  Au cours des deux dernières années, L. Boutrin et moi-même, nous nous sommes décidés à briser l’omertà autour du scandale du chlordécone. Car tous les responsables savaient que les associations écologistes avaient raison, mais ils maintenaient une véritable chape de plomb sur l’information avec la complicité, hélas, des principaux médias martiniquais.  Pendant deux ans, nous avons traduit différents articles scientifiques publiés aux Etats-Unis suite à l’explosion de la seule usine qui fabriquait le chlordécone, en Virginie, ainsi que les publications de l’ « American Cancer Institute », le plus grand centre de cancérologie mondiale. Nous les avons ensuite confrontés aux études menées par les services de l’Etat français en Martiniquais. Tous aboutissaient à la même conclusion irréfutable : le chlordécone n’est rien d’autre qu’un poison. Ce qui poussa les Etats-Unis à interdire ce pesticide dès 1979 alors que la France n’a pris la même décision qu’en…1993.

    Cette décision tardive, presque contrainte et forcée face à la levée de boucliers des écologistes, n’est rien d’autre qu’un crime contre l’humanité qui participe du processus génocidaire enclenché dans notre pays depuis trois décennies par les différents gouvernements français. C’est ce crime que Louis Boutrin et moi avons dénoncé dans notre ouvrage, « Chronique d’un empoisonnement annoncé », paru chez L’Harmattan en février 2007. En mars 2007, grâce à Alfred Marie-Jeanne, président du Conseil Régional de la Martinique, nous obtenions une salle à l’Assemblée Nationale française, où, avec l’aide de Patrick Karam et du Collectif-Dom, nous avons organisé une conférence de presse, conférence à laquelle prirent par le député « Vert » Alain Lipietz et l’ex-ministre de l’Ecologie, Corinne Lepage. Bien que présente, la presse française n’en a pipé mot ni dans ses journaux ni dans ses radios ni dans ses télés. Et il a fallu attendre 8 mois pour que l’affaire éclate ! Quand, en septembre dernier, le cancérologue Dominique Belpomme, tapa du poing sur la table.

    Pendant ces 8 mois, nous n’avons jamais entendu parler ni du sieur Lozès ni de son CRAN. Jamais ! A l’époque, ce monsieur n’invitait pas encore les Martiniquais à « faire de la Martinique un territoire écologiquement propre ». Farceur, va ! Opportuniste ! Mieux : à peu près à la même période, le vice-président du CRAN (non mais ils sont tous président ou vice-président de quelque chose, ces gens-là !), le dénommé Georges Tin, d’origine martiniquaise et par ailleurs président des « homosexuels de France » (sic), participa à une émission de « France-Culture » qui se voulut un véritable lynchage médiatique de ma personne au motif que je serais antisémite. Ces imprécateurs ne savaient même pas que bien que payant la redevance comme tous les citoyens français, les Martiniquais ne sont pas jugés dignes de recevoir cette chaine culturelle (seul « Télé-foot » leur convient apparemment) et n’ont donc rien su de cette « vakabonnajri ». C’est dire comme ces messieurs du CRAN connaissent bien notre pays !

    Nous n’avons que faire de M. Lozès et de sa pseudo-mission. Nous n’avons que faire de ses conseils ou de ses invites à transformer notre pays en ceci ou cela. Et personnellement en tant que Créole, et donc descendant d’esclave, je n’ai aucune leçon à recevoir ni de descendant d’Africain ni de descendant de Hongrois. Je suis un survivant. Nous, Martiniquais, sommes des survivants et nous n’avons plus rien à perdre. Sauf le pays et la culture que nos ancêtres ont douloureusement bâtis pendant trois siècles sous le joug et les fers. Ceux dont les pères n’ont jamais été esclaves, ceux dont les pères furent, dans certains cas, soit des esclavagistes soit des complices passifs ou actifs de l’esclavagisme, n’ont rigoureusement aucun droit de chercher à gouverner nos existences. Nous, Martiniquais, sommes les seuls à être habilités à dire ce qui est bon ou n’est pas bon pour nous.

    Car moi aussi, si j’étais méchant (et je le suis ! Ce qui fait que je n’en ai strictement rien à cirer des attaques de tous bords), je pourrais donner un conseil à ce monsieur Lozès d’origine béninoise. Je pourrais lui dire par exemple :

    « Je vous invite à faire du Bénin, l’un des pays les plus pauvres du monde, un territoire économiquement développé. »  

    Mais il est vrai que pour un « Banania », il vaut mieux être confortablement installé en France, lécher les bottes des colonialistes afin d’obtenir des strapontins, au lieu de se coltiner la difficile tâche d’apporter ses compétences et son savoir-faire à ses compatriotes africains pour tenter de bâtir cette Afrique fière et digne que les Nyobé, Amilcar Cabral, Sankara et Nyéréré appelaient de leur voeux.

   La seule Afrique dont moi, en tant que lointain descendant d’Africain, je pourrais être fier. Tout comme un Indien martiniquais d’aujourd’hui est fier de l’Inde ou un Chinois martiniquais est fier de la Chine.

Raphaël CONFIANT

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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