« I have a dream… » disait Martin Luther King. Moi aussi, j'ai un rêve. Celui de voir, en 2030, les Matininos fouler la pelouse d'une Coupe du monde de football. Un rêve né devant l'enthousiasme suscité par les parcours de Curaçao, d'Haïti et surtout du Cap-Vert, dont les joueurs ont fait vibrer tout un peuple avant d'être accueillis en héros à leur retour. Pourquoi la Martinique ne pourrait-elle pas, elle aussi, connaître cette immense fierté collective ?
Depuis l'annonce de la signature aujourd’hui de l'Accord-cadre entre l'État et la Collectivité Territoriale de Martinique, certains tentent de faire croire aux Martiniquaises et aux Martiniquais qu'une prétendue autonomie leur serait imposée dans leur dos.
Avocat d’une des parties civiles dans le dossier du chlordécone et co-auteur avec Raphaël Confiant de l’ouvrage « Chronique d’un empoisonnement annoncé – Le scandale du chlordécone aux Antilles françaises (1972-2002) », je prends acte du vote unanime de l’Assemblée nationale reconnaissant la part de responsabilité de l’État dans ce scandale sanitaire, environnemental et humain sans précédent.
Partout dans le monde, des lieux puissants incarnent la mémoire de la traite négrière et de l’esclavage : Gorée au Sénégal, Ouidah au Bénin, le mémorial des Nations Unies à New York, le Mémorial ACTe en Guadeloupe ou encore le mémorial de Nantes. Pourtant, la Martinique — terre d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon et d’Édouard Glissant — ne possède toujours pas un grand lieu mémoriel emblématique consacré à la traite négrière, à l’esclavage et aux résistances du 22 mai 1848. Un peuple sans mémoire visible fragilise la transmission de son histoire.
Difficile de passer sous silence la disparition de celui pour qui la parole était avant tout une arme miraculeuse. Roland Ménil s’en est allé ce samedi 9 mai 2026, frappé par l’aristocratie de l’âge, à 86 ans, lui cet homme d’engagement et de conviction qui, toute sa vie durant, aura porté avec ferveur l’idée de l’émancipation du peuple martiniquais, d’abord au sein du PPM, puis du MIM.