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CHLORDECONE : "IL EST GRAND TEMPS D'ALLER A L'ESSENTIEL !" ITW AU HUFFPOST.FR
17-11-2018


CHLORDECONE :

« Il est grand temps d’aller à l’essentiel ! »


ITW de Louis BOUTRIN à HUFFPOST.FR

chlordecone.label.zero1.jpg

 

1.Trois plans Chlordécone ont été mis en place par les derniers gouvernements, avec plusieurs objectifs. Mis à part la cartographie des zones contaminées dévoilée en avril, ces plans ont-ils permis d'accoucher de solutions concrètes pour lutter contre la pollution au chlordécone? 


Louis BOUTRIN : Ces trois plans de 33 millions d’euros chacun ont certes contribué à confirmer les recherches scientifiques et médicales déjà menées, en grande partie, par les Américains mais, concrètement les principaux concernés ont été oubliés. En réalité nous avons déjà perdu 11 années depuis que ce scandale d’empoisonnement au Chlordécone a été révélé au grand jour. Alors aujourd’hui, face au drame humain et aux conséquences calamiteuses annoncées, tant sur le plan environnemental, qu’économique et sociale il n’y a de place ni pour les approximations, ni pour les tergiversations et encore moins pour les accusations tardives ou les tentatives récupérations médiatiques. Il nous faut aller à l’essentiel car les Martiniquais qui ont déjà payé un lourd tribut à cet empoisonnement attendent des autorités étatiques et du Président de la République des réponses concrètes. 

 


 


2. Qu'attendez-vous de la venue d'Emmanuel Macron ? Redoutez-vous que ses annonces se limitent à de nouveaux fonds alloués à la recherche sur le problème, sans évoquer les solutions concrètes comme le label Zéro Chlordécone, l'indemnisation des victimes ou la traçabilité des produits ? 


Louis BOUTRIN :  Il est grand temps d’aller à l’essentiel. L’essentiel c’est une réponse concrète à la promesse faite par l’ex-Ministre de la Santé, Roseline BACHELOT depuis 2007. Nous demandons un recensement, un examen biologique et un suivi médical pour tous les ouvriers agricoles qui ont travaillé dans la banane de 1972 à 2002. 

 

L’essentiel ce sont les marins pêcheurs 33 % du littoral et certains fonds de Baie qui sont interdits à la pêche. Nous demandons à l’Etat un fond d’indemnisation pour les marins-pêcheurs et les aquaculteurs pour accompagner la mutation de pratiques de pêche et pour sortir de cette logique de non-assistance à profession en danger.  

 

L’essentiel c’est le contrôle de la potabilité de l’eau. Durant des décennies les fermiers ont distribué à la population une eau gorgée en Chordécone, sans contrôle, en totale contravention avec les dispositions de la loi sur l’eau. Nous demandons également un contrôle très strict des résidus de charbon actif chargés en pesticides, notamment en Chlordécone.

 

L’essentiel c’est aussi ce scandale des LMR (Limites Maximales Résiduelles).   Le simple fait d’accepter l’idée même des LMR montre bien l’absence d’une réelle prise de conscience collective face à l’ampleur de cette contamination massive qui frappe 92% de la population. Quels sont les effets chez l'homme de ce cocktail de pesticides organochlorés (HCH béta, Dieldrine, aldrine, chlordane) absorbés des années durant ? Quid de la bioaccumulation de ces pesticides à l'intérieur de nos organismes ?

 

Notre position est claire. Elle s’appuie sur des études scientifiques américaines dont celle du Pr. Frederick Won Saal (University of Missouri) qui précisait que « Ces pesticides sont dangereux quelle que soit leur dose, il n’y a donc pas de seuil ». Pas de seuil pour les produits interdits, pas de seuil pour le Chlordécone reconnu par la Communauté scientifique internationale comme étant un cancérigène, un perturbateur endocrinien et un polluant organique persistant (POP) faisant l’objet d’une Convention internationale (Stockholm) visant à leur éradication de la surface de la Terre.

 

L’essentiel enfin, c’est la proposition de classement du Chlordécone comme cancérigène certain (Groupe 1), non pas probable (2A) tel que prévu par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Nous demandons au gouvernement de saisir le CIRC pour un tel classement. Nous sommes donc en droit d’attendre des autorités étatiques des réponses concrètes qui puissent éclairer l’avenir. 


3. Pourquoi avez-vous décidé de lancer le Label Zéro Chlordécone, et pourquoi l'avoir fait sans l'aide des services publics ? Le "soutien" finalement promis par le préfet pour ce label se manifestera sous quelle forme ? 


Louis BOUTRIN :  Au-delà de son impact sanitaire, ce scandale a eu le dramatique effet d’une perte de confiance des consommateurs martiniquais dans la qualité des produits agricoles locaux comme la viande, les fruits et les légumes. Il apparait tout aussi essentiel de valoriser les agriculteurs et éleveurs qui font les efforts nécessaires pour garantir une production exempte de ce poison.

 

Or, il est tout à fait possible de produire sans chlordécone en Martinique. Il existe encore, fort heureusement, des terres saines et les chercheurs ont démontré que, même sur des terrains faiblement contaminés, certaines productions ne présentent aucun risque sanitaire.

 

Parallèlement, il est impératif de pouvoir garantir aux consommateurs des produits « zéro chlordécone » dont la traçabilité est assurée. Il est impensable que l’on nous impose la dose de poison que nous pouvons ingurgiter chaque jour !

 

Dans le cadre de ses missions de protection et de valorisation du patrimoine naturel et culturel, le Parc Naturel de Martinique a initié une démarche de labellisation des produits agricoles locaux sous le label « Zéro chlordécone ». L ’objectif de ce label est de développer la traçabilité des produits agricoles et d’offrir aux professionnels la possibilité d’être transparents sur le niveau de contamination au chlordécone de leurs productions. 

 

Aujourd’hui, le label fait l’objet de nombreuses demandes de la part d’agriculteurs martiniquais désireux d’en bénéficier et nécessite l’atteinte des objectifs fixés par les multiples partenaires techniques, scientifiques et institutionnels qui accompagnent le Parc Naturel dans sa démarche

 

Depuis le lancement de ce label, le 10 Avril 2018, les services publics (la préfecture, la DAAF, la DIECCT, l'ARS, la FREDON, la SAFER, le CIRAD) ont été assidus et ont largement contribué à la création de ce label durant les différents Comités Techniques (5), dans lesquels il a été rédigé le cahier des charges et la charte d'engagement.

 

A cet effet, nous espérons que le Préfet tiendra ses engagements pour le financement de la blockchain, une application qui permettra à tous les consommateurs d’être informés en un clic sur la traçabilité des produits qu’ils achètent. 

 

Propos recueilli par Jade TOUSSAY


 
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