SYPHILIS, DES RAVAGES EN EUROPE ... AVANT LE RETOUR DE CHRISTOPHE COLOMB D'AMERIQUE

Syphilis, Christophe Colomb n'y est pour rien !

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La syphilis aurait existé en Europe avant le retour de Christophe Colomb sur le Vieux Continent (ici des répliques de ses caravelles, présentées à Miami

La BBC confirme aujourd'hui que la syphilis faisait des ravages en Europe bien avant le retour de Christophe Colomb d'Amérique. Des traces de cette maladie sexuellement transmissible (due à un agent infectieux, appelé tréponème pâle et découvert en Allemagne en 1905) ont bien été identifiées sur des squelettes retrouvés à Pompéi, affirme sur ce média le professeur Mary Beard, de l'Université of Cambridge.

La syphilis (ou vérole) a de multiples dénominations, car aucun pays ne veut endosser sa "paternité". C'est donc le mal de Naples ou le mal vénitien pour les Français, qui considéraient que cette maladie avait été apportée en Italie en 1494 par des marins de l'équipage de Christophe Colomb qui participaient à une campagne militaire de Charles VIII. "Il est probable que ces hommes aient effectivement rapporté ce fameux tréponème qui a rapidement fait des ravages auprès de cette population", estime le docteur Bruno Halioua, dermatologue à l'Institut Alfred Fournier à Paris et historien de la médecine. Et pourtant les Italiens, les Espagnols, les Allemands, les Anglais et les Polonais parlent du mal français, les Portugais et les Néerlandais du mal espagnol et les Écossais du mal anglais.

Connue depuis au moins Hippocrate

D'ailleurs, l'hypothèse d'une première "importation" en provenance du Nouveau Monde n'est plus crédible aujourd'hui, et cela, pour plusieurs raisons. La plus récente est la découverte de marqueurs de cette maladie dans les dents et les os de squelettes retrouvés à Pompéi. Mais déjà auparavant, Hippocrate, médecin grec célèbre, avait décrit les formes les plus graves de la maladie. Et la présence de la syphilis a été retrouvée lors des fouilles du monastère augustinien datant des XIII et XIVe siècles, dans le port de Kingston au nord-est de l'Angleterre.

"Mais attention, il existe des tréponèmes non vénériens, d'où une source potentielle d'erreurs", explique Bruno Halioua. "Selon ses formes, le tréponème est, par exemple, responsable du pian ou de la tinta, que l'on trouve en Afrique. Et certaines traces sur les os peuvent également être confondues avec celles dues à la lèpre."

Jusqu'à la découverte de la pénicilline, la syphilis était particulièrement difficile à soigner. Grâce aux antibiotiques, cette maladie se guérit maintenant facilement. Et pourtant, le problème n'est pas réglé pour autant. "Le recul de la syphilis a été très net à partir de l'apparition du sida, car les gens se sont protégés", note le docteur Halioua. Malheureusement, depuis fin 99, début 2000, les spécialistes s'inquiètent d'une nette recrudescence de cette affection dans la communauté homosexuelle masculine. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le ministère de la Santé a récemment décidé de mettre en place une stratégie de prévention sous forme d'actions de communication et d'actions ciblées vers les populations à risque

SOURCE : Le POint