ETATS-UNIS : LA REPRESSION S'ABAT SUR LES INDIGNES DE WALL STREET

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Au moins 177 arrestations à New York 

 

Au moins 177 manifestants ont été arrêtés et sept policiers blessés jeudi à New York, lors d'une journée d'action d'Occupy Wall Street marquant les deux mois d'existence du mouvement qui dénonce les excès de la finance



Deux jours après le démantèlement de leur campement du square Zuccotti, dans le quartier de Wall Street, plusieurs milliers de manifestants ont participé à cette journée de mobilisation, dans une ambiance tendue, sous stricte surveillance policière.

Dans la matinée, plusieurs escarmouches ont éclaté entre les manifestants et la police, dans le quartier de Wall Street, dont la police avait barricadé de nombreuses rues pour empêcher les manifestants de se rapprocher de la Bourse. Un journaliste de l'AFP a vu un manifestant battu par un policier. Un autre manifestant a été blessé au visage sur le square Zuccotti, lorsque des protestataires ont tenté de repousser des barrières métalliques, repoussés à leur tour par la police.

Au total, selon la police, 177 manifestants ont été arrêtés, sept policiers et 10 manifestants blessés.

D'autres manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes américaines pour cette journée d'action.

A Los Angeles, où la police a évacué un camp anti-Wall Street, une vingtaine de personnes ont été interpellées. A Washington, plus de 300 personnes ont manifesté sans incident sur le plus vieux pont qui traverse le Potomac, le fleuve de

la capitale américaine.

De l'autre côté de l'Atlantique, les campeurs anti-Wall Street installés dans la City de Londres ont rejeté l'ultimatum qui exigeait qu'ils plient la tente avant 18H00 GMT, ouvrant la voie à une bataille judiciaire avec la municipalité.

A New York, le maire Michael Bloomberg a cependant estimé qu'il y avait eu "peu de perturbations". Et "la vraie histoire pour les journaux de demain, c'est qu'il n'y avait pas tant de gens que ça", a-t-il insisté.

Le cortège new-yorkais était parti tôt jeudi du square Zuccotti, berceau du mouvement, dont les tentes avaient été démontées par la police dans la nuit de lundi à mardi.

Les manifestants qui s'étaient séparés en plusieurs groupes ont été empêchés de s'approcher de la Bourse par la police présente en nombre. Certaines rues étaient fermées par des barrières métalliques, la police montée en bloquait d'autres.

Les New Yorkais cherchant à se rendre à leur travail ne pouvaient passer qu'un présentant leur badge à la police. "Wall Street est fermée!", criaient les manifestants, dont certains scandaient également le désormais fameux "nous sommes les 99%".

"C'est mauvais, tout ça...", se lamentait au milieu de l'agitation un homme tentant de se rendre à son bureau, Wall Street Journal à la main.

"Les 1% (les plus riches) essaient d'écraser ce mouvement, et je suis venu le soutenir", a expliqué Ray Lewis, un policier retraité de Philadelphie en uniforme. "De plus en plus de gens souffrent dans ce pays".

Il sera rapidement interpellé avec un premier groupe d'une vingtaine de manifestants.

Shanon Murry a expliqué quant à elle avoir décidé de se joindre à la manifestation après avoir vu à la télévision l'expulsion du square Zuccotti. Elle a fait deux heures de route pour se joindre aux anti-Wall Street: "Vous ne pouvez pas expulser des gens comme ça dans une démocratie", a-t-elle dit.

"Nous voulons faire entendre notre voix et faire connaître notre frustration", a déclaré un porte-parole du mouvement, Mark Bray.

Dans l'après-midi, un millier d'entre eux ont manifesté sur Union square, rejoints par des membres de syndicats étudiants, pour dénoncer le coût croissant des études. D'autres sont allés diffuser leur message dans le métro.

A la tombée de la nuit, plusieurs milliers de personnes, selon des journalistes de l'AFP, étaient massées sur Foley Square, siège de plusieurs tribunaux dans le sud de Manhattan, pour la dernière manifestation de cette journée.

Certains militants se félicitaient, se souhaitant un "bon anniversaire", deux mois après le lancement du mouvement, le 17 septembre à New York.

Ce mouvement sans leader ni revendications précises, qui explique vouloir être une voix indépendante pour susciter un changement, a depuis essaimé dans au moins une vingtaine de villes américaines, et s'est installé sur quelques campus.

SOURCE : AFP