Politique
Les deux intellectuels martiniquais interpellent la classe politique sur la nécessité de repenser le modèle de développement actuel, trop centré sur une agriculture aléatoire. Une contribution courageuse qui risque de bousculer le microcosme politique englué dans une logique d'assistanat-dépendance avec comme seule réponse le psittacisme de l'Autonomie.
Ecologie
C'est officiel. L'Autorisation de Mise sur le Marché du Paraquat (A.M.M.) a été retirée le 4 aoüt 2007 par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Une décision qui mérite d'être suivie de très près aux Antilles où le Paraquat a été largement utilisé dans l'agriculture. Si l'on croit le Communiqué qui suit, la Préfecture, la Chambre d'Agriculture et les services concernés, après leur négligence coupable dans l'affaire du Chlordécone, semblent vouloir prendre les mesures qui s'imposent.

 

Ecologie
La nouvelle ne fera sans doute pas grand bruit.
Les Martiniquais ont la tête ailleurs. Plus précisément au Tour des yoles, certains regrettant l’absence d’un ex-préfet yoleur, grand « ami » des Martiniquais et proclamé « mal-boug » par maints intellectuels.
De quoi s’agit-il ? La Direction des Services Vétérinaires de la
Martinique, suite à une enquête, vient d’interdire à un pisciculteur de
la commune du Saint-Esprit de vendre sa production et de continuer son
exploitation. Autant dire qu’on a signé au pauvre homme son arrêt de
mort ! Motif : le taux de chlordécone contenu dans ses « ouassous »
(écrevisses) est supérieur aux normes autorisées. Et ce service de
l’Etat d’annoncer la nouvelle dans un grand communiqué qui précise que
des enquêtes seront bientôt diligentées auprès des autres exploitations
aquacoles de l’île. Autant dire que c’en est fini, complètement fini,
de l’aquaculture à la Martinique ! 
Ecologie

Notre rédaction vient de recevoir ce Communiqué de Presse de la Préfecture de Martinique relatif à la présence de Chlordécone dans les Ouassous.Nous ne savons pas par quelle opération du Saint-Esprit le poison s’est introduit dans cet élevage spiritain mais la Préfecture persiste et signe et continue à parler de taux de Chlordécone au dessus des normes réglementaires. Non Messieurs  des services de l’Etat !

Le Chlordécone est un
pesticide redoutable interdit à la vente et on ne doit pas en trouver
dans les denrées alimentaires vendues sur le territoire martiniquais.
La seule présence de ce poison dans les Ouassous devrait conduire ces
derniers directement à l’incinérateur de ... Dillon. A moins qu’il ne
soit pas en état de fonctionnement. Alors direction Dunkerque. Là-bas,
on y a incinéré des patates douces en provenance de Martinique alors
qu’ils étaient vendus sur les marchés des Antilles... sans que la
population en soit informée !

Au fait, à quand une Manif. des
vendeurs de Ouassous dans les rues de la Ville – Capitale, à l’instar
des vendeuses de “Machandes-Foyal” pour dénoncer le livre de Louis
BOUTRIN et de Raphaël CONFIANT responsables de la mévente des Ouassous
et des difficultés économiques de la profession ?

 

Couvertures

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Ecologie

« Paraquat » ?

Ce terme ne dit probablement rien au Martiniquais (ou Guadeloupéen) moyen. Ni sans doute « R-Bix », le nom commercial de ce redoutable poison, utilisé comme herbicide dans les plantations bananières antillaises depuis des décennies et dont, le 10 juillet dernier, la Cour Européenne de Justice a interdit l’utilisation. Motif avancé : ce pesticide est, en grande partie, responsable de l’augmentation stupéfiante du nombre de cas de maladie de Parkinson relevé sous nos charmants cieux tropicaux.
Ecologie
Le 10 juillet 2007, la Cour de Justice Européenne vient d’interdire le Paraquat, un puissant herbicide qui avait été ré-homologuée à la demande de la France pour l’utilisation aux Antilles et de l’Angleterre où Syngenta le fabrique.
Compte tenu du lien entre la paraquat et la Maladie de Parkinson. Le lien de causalité entre la paraquat et la Maladie de Parkinson*, déjà dénoncés dans le scandale du Chlordécone a été retenu par la juridiction européenne.

Connaissez-vous les Ultramarins ?

Patrick KARAM, ex-président du CollectifDOM, pour en donnera la définition exacte puisque, de bonne source, il sera probablement nommé par Nicolas SARKOZY, Délégué interministériel aux Ultramarins. Une nomination qui risque de faire beaucoup de vagues !

Pour mémoire, ci-desous, discours prononcé par le candidat SARKOZY lors d'une rencontre le 31 mars 2007 avec les ... Ultramarins de l'Hexagone.

La Rédaction

Nicolas Sarkozy, Rencontre avec les Ultramarins de métropole (31/03/07)

Mes chers amis,

 

Je suis profondément touché de vous voir si nombreux ce soir. Cela me fait chaud au cœur de sentir votre soutien, de sa

voir que je peux compter sur vous. Pour moi, l’accès à la plus haute fonction de l’Etat n’est pas une fin en soi. Si je mène ce combat, c’est que j’ai l’intime conviction que les choses ne peuvent plus continuer comme avant.

 

Que vous soyez de sensibilité de droite ou de gauche, peu importe ! Ce qui nous réunit, ce soir, dépasse ce genre de considérations. Parce que ce qui nous fédère, c’est, tout simplement, l’amour de l’outre-mer. Je ressens votre volonté de changement dans la façon de faire de la politique. Parler avec franchise, considérer que les mots engagent pour l’avenir et que, par conséquent, on ne peut pas promettre tout et son contraire ; voilà ce que vous attendez !

 

Ce soir, je sais qu’il y a, dans cette salle, une majorité de Français originaire d’outre-mer qui vivent depuis longtemps en métropole. Mais il y a, aussi, de nombreux compatriotes d’outre-mer qui ont fait le chemin pour nous rejoindre et je veux les saluer. C’est important car on ne peut pas séparer les Ultramarins de métropole de ceux restés au pays, comme s’il s’agissait de deux catégories de populations totalement différentes! Les familles, bien que séparées, restent des familles, les étudiants viennent suivre leur cursus et repartent, les fonctionnaires changent d’affectations… Les échanges sont donc incessants. Et c’est cela qui fait l’originalité d’un grand pays comme la France. Nous devons être, tous, fiers de former une communauté en mouvement qui est rassemblée par une communauté de valeurs.

 

Ce soir, je veux m’adresser à vous en tant que Français. Je ne suis pas de ceux qui entretiennent les communautarismes. Je le rappelais la semaine dernière, en Martinique : la France n’est ni une race, ni une ethnie. C’est une façon d’être, de vivre, c’est un idéal, une espérance. C’est donc à vous tous que je veux parler, du fond du cœur et sans fard. A vous tous, Français à part entière !

 

Cela fait maintenant longtemps que je m’investis sur les questions de l’outre-mer. Je n’ai pas attendu les dernières semaines de la campagne présidentielle pour commencer à m’intéresser à vous. Non, mon engagement est un engagement de long terme parce que je sais que votre identité est complexe et, qu’en vérité, il y a autant d’identités et de réalités qu’il y a de collectivités d’outre-mer.

*

Le projet que j’ai proposé pour l’outre-mer est un projet sérieux. Il n’est pas un simple catalogue de mesures. Il propose une stratégie et n’hésite pas à être sélectif pour être crédible. Il est le fruit d’une expérience personnelle acquise au cours de nombreux voyages effectués durant ces deux dernières années. Il est, aussi, le fruit de nombreuses rencontres qui m’ont enrichi et, parfois, ont modifié ma perception des choses.

 

Lors de la convention du 12 juillet dernier, organisés dans le cadre de l’UMP et exclusivement consacrée à l’outre-mer—une première —j’ai eu l’occasion de dessiner les axes de mon projet pour la France d’outre-mer. Depuis, ce projet a été enrichi et précisé mais ma philosophie n’a pas changé. Pour moi, l’outre-mer n’est pas un « problème », « un dossier » ou une « charge budgétaire ». L’outre-mer est pour la France un formidable atout, une fenêtre ouverte sur le monde. C’est un potentiel humain, écologique et économique extraordinaire pour notre nation !

 

L’outre-mer, ce sont trois millions et demi de Français, dont un million qui vivent en métropole ! L’outre-mer, c’est le poumon écologique que constitue la forêt guyanaise, ce sont les plus beaux lagons du monde en Calédonie, en Polynésie ou à Mayotte ! L’outre-mer, c’est un domaine maritime de plus de 11 millions de km2 qui fait de la France la deuxième puissance maritime du monde et ce sont d’extraordinaires réserves minières ! L’outre-mer, c’est, enfin, la France des trois Océans, la France de plain-pied dans la mondialisation ! La Réunion, dans l’Océan indien, est aux portes de l’Afrique et aux confins de la péninsule indienne. La Guadeloupe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et la Martinique relient, dans l’Arc antillais, les deux Amériques. La Guyane est en Amazonie, alors que les îles de Saint-Pierre et Miquelon sont tournées vers le Canada ; la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française, dans l’Océan Pacifique, sont à proximité de l’Asie et de l’Australie.

 

J’aimerais que chaque Français prenne conscience de la chance que nous avons d’avoir un territoire si vaste, aux cultures si diverses. Mais cette réalité ne doit pas occulter les difficultés rencontrées : celles du chômage, de l’insécurité, du logement insalubre ou des problèmes de santés non résolus. Et c’est pour cela que toute mon énergie, je la consacrerai à la résolution des problèmes concrets rencontrés par nos concitoyens d’outre-mer. Je veux être le Président qui s’attaquera aux vrais problèmes du quotidien, tels qu’ils sont exprimés par nos concitoyens sur le terrain, et non tels qu’ils sont perçus par quelques personnes bien établies à Paris. Je ne crois pas que la priorité pour l’outre-mer soit l’évolution institutionnelle de tel ou tel territoire ou bien encore l’organisation de festivals en tous genres. Les vrais problèmes sont ailleurs.

 

C’est pour cela que mes priorités opérationnelles s’articulent autour de trois idées simples :

• Il nous faut continuer à reconnaître à la fois les spécificités et la diversité de l’Outre-mer,

• Il nous faut définir des priorités autour des questions de sécurité et de développement économique, avec des choix précis et une concentration des efforts sur les secteurs réellement porteurs,

• Il nous faut développer une solidarité, qui ne se confonde pas avec l’assistanat, et qui soit au service de l’égalité des chances.

 

Ces axes m’ont permis de décliner de multiples propositions que vous connaissez pour la plupart. Ces propositions ont été étudiées avec minutie et sont réalistes. Je n’en rappellerai que quelques-unes.

 

En matière de sécurité, je veux impliquer davantage les forces armées dans la protection de nos territoires contre l’immigration clandestine massive ou les grands trafics de drogue car je pense qu’il s’agit là d’un véritable enjeu de souveraineté nationale. Je veux, aussi, remettre à niveau les prisons en outre-mer car trop souvent elles ne sont pas dignes.

 

En matière économique, je veux tout faire pour créer les conditions d’un vrai décollage économique de nos collectivités d’outre-mer. Ceci est, à mes yeux, fondamental car ce n’est que par le développement d’activités endogènes que l’on créera de l’emploi et des richesses. Ce ne n’est que par le développement économique que l’on sortira les territoires d’outre-mer d’une relation d’assistanat dont les Ultramarins ne veulent plus eux-mêmes !

 

Je connais mieux maintenant le caractère fier des Français d’outre-mer et je sais qu’ils aspirent, avant tout, à pouvoir vivre du fruit de leur travail, debout ! C’est pour cela que j’ai fait de nombreuses propositions fortes et précises en matière économique. Je veux, en plus de la défiscalisation, créer dans les DOM des zones franches globales d’activités ciblées sur des secteurs porteurs. J’ai eu à de multiples reprises l’occasion d’expliquer le contenu de ces zones franches ; je n’y reviens donc pas.

 

Pour les territoires où l’Etat ne dispose plus de la compétence fiscale, je souhaite que la solidarité nationale s’exerce différemment. Je veux que l’on se concentre sur la réalisation des infrastructures nécessaires au développement économique. Je pense, par exemple, à la réalisation d’une piste longue à l’aéroport de Pamandzi, à Mayotte, qui permettra d’exporter davantage de fret et de développer le tourisme ou bien, encore, au soutien des projets miniers de la Nouvelle-Calédonie. Je veux aussi développer, partout, une logique de pôle d’excellence alliant entreprises, laboratoires de recherche et Universités, à l’image de ce qui a été réalisé à la Réunion avec le pôle de compétitivité « Qualitropic ».

 

Mon ambition pour l’outre-mer est à la fois simple et précise : je souhaite mettre au cœur de mon projet chaque femme et chaque homme. Notre priorité doit être tournée vers le développement, l’emploi et l’amélioration des conditions de vie des Ultramarins.

 

Pour cela, il faut refaire du travail une valeur centrale. Car c’est en travaillant davantage que nous créerons davantage de richesse et que nous pourrons organiser une solidarité plus efficace envers les plus faibles. J’ai toujours pensé que l’assistanat était la pire des politiques que ce soit en outre-mer ou en métropole. L’assistanat aliène les hommes sans même qu’ils s’en aperçoivent. Je veux construire une relation entre la puissance publique et les Français fondée sur le respect de la dignité. Et cela passe par le fait de donner à chacun un travail et de ne pas créer de droits qui ne soient assortis de devoirs.

 

Contrairement à ce que l’on entend parfois, cela ne veut pas dire que j’ai l’intention de supprimer le RMI ! Pas du tout ! Cela veut dire que pour les personnes en âge de travailler, les minima sociaux doivent être transitoires. Le but doit rester la reprise d’activité. Concrètement, je veux que tout bénéficiaire d’un minimum social ait une obligation effective d’activité, qu’il s’agisse d’une formation ou d’un travail d’intérêt général.

 

Le corollaire de tout cela, c’est qu’il faut que le travail paye ! Je veux être le Président du pouvoir d’achat. Le problème est général : les salaires sont trop bas en France alors que les prix ont augmenté. Il faut donc redonner du pouvoir d’achat à ceux qui travaillent, qui se lèvent tôt le matin. Les Français d’outre-mer savent travailler. J’ai visité de nombreuses entreprises performantes à la Réunion, en Guadeloupe ou en Martinique. J’ai visité, en métropole, des hôpitaux et des commissariats où les Français d’outre-mer sont là, tôt le matin et tard le soir. Vous savez mieux que quiconque ce que travailler signifie et je ne laisserai personne caricaturer votre image !

 

Je veux, pour tous ces travailleurs, que les heures supplémentaires soient toutes rémunérées 25% de plus que les heures normales, quelle que soit la taille de l’entreprise, et qu’elles soient exonérées de toutes charges fiscales et sociales afin qu’elles soient plus payantes pour les salariés et moins chères pour les entreprises. Quatre heures de travail en plus par semaine sans charges, c’est 1.980 euros net en plus à la fin de l’année pour tout salarié rémunéré au SMIC. Voilà la réalité concrète !

 

En matière d’éducation, il est aussi urgent d’agir plus efficacement! Nous n’avons pas le droit de brader l’avenir de nos enfants. L’outre-mer compte une population jeune très importante. 50% de la population a moins de 20 ans à Mayotte, 50% de la population a moins de 25 ans en Guyane et en Nouvelle-Calédonie ! C’est un atout si nous relevons le défi de la qualité de l’enseignement. C’est pour cela que je veux donc renforcer les moyens dédiés au système éducatif pour répondre aux besoins de scolarisation et de formation de la jeunesse ultramarine. Dans les collectivités qui subissent une forte pression démographique et migratoire, il faut assurer la scolarisation de tous les enfants dans des conditions acceptables et promouvoir des formules d’écoles de la 2ème chance pour lutter contre l’échec scolaire. Je souhaite également favoriser une meilleure articulation entre la formation et l’emploi pour offrir un avenir à tous les jeunes, grâce à l’enseignement professionnel mais aussi en favorisant les conventions avec les plus grandes écoles de métropole. Car la jeunesse de l’outre-mer a droit à l’excellence !

 

D’une façon plus générale, je veux réinstaurer l’Autorité au sein du système éducatif. Je n’accepte pas que l’autorité des maîtres puisse être bafouée par quelques trouble-fête. Pour moi, la scolarité, c’est aussi l’école de la vie en société ; on y apprend ses codes et ses valeurs fondamentales, comme celle du respect. Cela se traduit par des choses simples comme le fait que, lorsque le maître rentre dans la classe, les élèves se lèvent !

 

Le logement est aussi une question fondamentale à mes yeux. Je sais que, dans beaucoup de communes d’outre-mer, les moyens font défaut pour faire face à l’enjeu de la construction de logements neufs. C’est pour cela que j’ai été le premier à avoir préconisé de définir un taux de défiscalisation plus favorable pour le financement du logement social locatif mais aussi pour le logement intermédiaire en accession à la propriété. Tous les Français, qu’ils soient de métropole ou d’outre-mer souhaitent devenir propriétaires de leurs logements et je veux que ce rêve soit accessible à tous ceux qui vivent du fruit de leur travail ! Le logement n’est pas juste « un sujet comme un autre ». Il est l’élément de base du cadre de vie, il fait partie de la dignité de la personne. Comment peut-on espérer créer les conditions d’une réelle égalité des chances si nous laissons nos enfants d’outre-mer vivre dans des habitations insalubres ?

 

La santé est un autre volet fondamental de la condition humaine. Il ne peut y avoir deux poids et deux mesures en matière de santé. Les plateaux techniques sont souvent performants en outre-mer. Mais les structures sont parfois encore insuffisantes ; je pense notamment à la Guyane. Il y a, de plus, un certain nombre de secteurs dans lesquels les insuffisances sont criantes ; par exemple, la psychiatrie ou la prise en charge des toxicomanes aux Antilles.

 

Voilà quelques-unes de mes priorités pour l’outre-mer. Il y aurait bien d’autres sujets à aborder mais je voudrais maintenant en venir aux questions qui concernent plus directement les Ultramarins qui vivent en métropole.

*

Cela fait longtemps, là aussi, que je réfléchis aux problèmes qui sont les vôtres. J’ai beaucoup écouté les différentes associations qui vous représentent. Je n’ai pas toujours été d’accord sur toutes les revendications exprimées mais j’ai pris conscience qu’il fallait faire plus et mieux pour prendre en compte la réalité de ce que vous vivez. Je veux remercier, ce soir, Patrick KARAM dont le franc-parler a su, à plusieurs reprises, me convaincre. Je veux aussi le remercier car il a su, avec Marie-Dominique AESCHLIMANN, vous rassembler en un puissant réseau de comités de soutien dont je mesure la valeur. Merci, aussi, à Léon BERTRAND, qui a fédéré tous les élus d’outre-mer qui me soutiennent parfois au-delà des traditionnels clivages politiques. J’ai besoin de vous, de vous tous, sans exception !

 

Loin de vos territoires d’origine, je sais que votre positionnement dans la société française n’est pas toujours facile. Je sais que vous êtes soucieux de défendre votre identité française à part entière, en même temps que votre spécificité.

 

Mes amis, natifs ou originaires d’outre-mer, m’ont souvent décrit ce que vous ressentiez comme l’expression d’un triple sentiment : un sentiment d’éviction, d’amalgame et d’abandon. Sentiment d’éviction lorsque vous constatez, malgré votre nombre, votre « invisibilité » dans la sphère publique, politique et médiatique. Sentiment d’amalgame lorsque certains prétendent, à tort, vous associer à une communauté noire d’origine africaine. Sentiment d’abandon, parfois, lorsqu’en métropole depuis longtemps, vous ne vous sentez pas tout à fait intégrés mais que, « de retour au pays », vous n’êtes pas, non plus, tout à fait chez vous… Je pense qu’il y a là un vrai sujet qu’il faut aborder sans démagogie mais avec énergie. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai souhaité faire ce qu’aucune autre formation politique n’avait fait jusqu’à maintenant : désigner dans l’organigramme du parti que je dirige un Secrétaire national, Marie-Dominique AESCHLIMANN, spécifiquement dédié aux Ultramarins de métropole.

 

Après avoir entendu vos messages portés, notamment, par la « Coordination nationale des comités de soutien des originaires d’outre-mer », je veux vous faire un certain nombre de propositions concrètes ce soir.

 

Je sais que la question identitaire est importante à vos yeux. Elle l’est aussi aux miens. Car je suis convaincu que l’on ne peut être passionnément Français que si l’on a su demeurer intensément soi-même, avec ses racines locales, son histoire, sa culture, voire sa langue. Ma conviction, c’est que, dans une démocratie mature, la République peut et doit faire davantage de place aux identités et cultures d’Outre-mer car, en réalité, elles font partie de nous-même.

 

C’est la raison pour laquelle je suis favorable à l’enseignement des langues et cultures régionales dans leurs territoires d’origine et que je suis même favorable à leur enseignement en métropole lorsque que la demande est suffisamment importante pour justifier un investissement du système éducatif. N’oublions pas que le, les créoles constituent l’ensemble de langues régionales le plus important de France par le nombre de locuteurs…

 

C’est aussi pour cela que le devoir de mémoire est, à mes yeux, important. Il permet de construire l’avenir sur de nouvelles bases. Il n’y a plus de faux-semblants et de non-dits : l’Histoire est regardée en face. Le Président de la République a fixé au 10 mai la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage. La nation, dans son ensemble, peut désormais prendre conscience de ce qu’a été l’esclavage et de l’importance de lutter contre toutes les formes modernes de cette infamie. Mais je sais qu’il y a d’autres dates importantes pour les domiens de métropole concernant la mémoire de l’esclavage, comme par exemple celle du 23 mai. Je saurai, le moment venu, faire inscrire dans l’Histoire ces dates importantes.

 

Il faut, parallèlement à cela, combler le déficit de reconnaissance symbolique des ultramarins. Cela peut prendre plusieurs formes.

 

Cela peut consister à corriger le déficit d’image de l’Outre-mer et des Ultramarins dans les médias. Le paysage audio-visuel est certainement en partie responsable du fait que l’Outre-mer soit mal connu et que son image soit souvent caricaturée. C’est la raison pour laquelle j’intégrerai, dans les missions du CSA, celle de la promotion de l’Outre-mer dans tous ses aspects culturels, historiques et géographiques. Il ne s’agit pas, seulement, de la présentation quotidienne de la météo des collectivités d’outre-mer. Il s’agit, surtout, de veiller à la recherche d’un équilibre dans le traitement des sujets d’actualité mais aussi des émissions de fond.

 

Combler le déficit de reconnaissance, c’est aussi promouvoir davantage, à talent égal, des originaires d’outre-mer dans la sphère administrative aux postes d’autorité. C’est dans cette logique que, comme Ministre de l’Intérieur, j’ai déjà nommé, dans le corps préfectoral, plusieurs Hauts fonctionnaires talentueux venant de l’Outre-mer et, notamment, trois Préfets et six Sous-préfets. C’est la même dynamique qui doit nous animer en politique mais sans démagogie !

 

Combler le déficit de reconnaissance symbolique, c’est, enfin, mettre en lumière les grands hommes et femmes que l’Outre-mer a donné à la France. C’est la raison pour laquelle j’ai fait changer le nom de l’aéroport de la Martinique, le 16 janvier dernier, pour le baptiser du nom d’Aimé CESAIRE. Je l’ai fait malgré les réticences administratives car jamais le nom d’un personnage vivant n’avait été donné à un équipement de ce type. Je l’ai fait car je crois que c’est justice vis-à-vis du grand poète et de l’homme d’engagements et de paix qu’est Aimé CESAIRE. C’est une façon de rappeler aux Français ce que notre culture, notre identité nationale doit à l’Outre-mer.

 

Mais l’identité, il ne suffit pas de la reconnaître, il faut la faire vivre, lui permettre de s’épanouir ! Je crois que la création d’un lieu consacré à l’Outre-mer pourrait contribuer à cet épanouissement. L’idée d’une « Maison de l’Outre-mer » a souvent été évoquée mais n’a jamais été suivie d’effets. Je pense pourtant que, bien conçu, un lieu spécifiquement consacré à l’Outre-mer pourrait avoir tout son sens. Ce serait un lieu de conservation et de valorisation des richesses des différentes collectivités d’outre-mer mais aussi un lieu de rencontre et de sociabilité pour des communautés souvent éparpillées. Ce pourrait être, par la même occasion, un centre d’affaires pour des responsables économiques et politiques qui ne cessent de voyager dans le but de développer leurs territoires.

 

Enfin, sur un plan plus pratique, je crois qu’il ne faut pas se cacher que les Français d’Outre-mer ont à faire face à de nombreuses difficultés en métropole que l’on ne soupçonne même pas. Ces difficultés économiques et sociales sont réelles et souvent différentes de celles rencontrées par les Français issus de l’immigration.

 

Elles sont de plusieurs ordres. Il peut s’agir, dans certains cas, comme lors de la recherche d’un emploi, de véritables discriminations fondées sur la couleur de peau. Il peut aussi s’agir de simples problèmes administratifs liés au particularisme de la situation objective des Ultramarins. Ces problèmes administratifs spécifiques se traduisent par de sérieuses difficultés dans la recherche d’un logement ou dans la réalisation de certaines démarches bancaires. Le rapport annuel de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE) de 2005 soulignait, par exemple, les discriminations fréquentes en matière de logement que subissent les étudiants ultramarins vivant en métropole, du fait que les bailleurs exigent que leur caution soit domiciliée en métropole.

 

Quelles que soient leurs origines, ces discriminations sont inacceptables et doivent être combattues avec force. Mais leur identification et leur résolution demandent une capacité d’analyse et d’intervention forte et constante. C’est la raison pour laquelle je souhaite créer une « Délégation interministérielle pour la cohésion sociale et l’égalité des chances des Français d’Outre-mer et d’origine ultra-marine ».

 

La mission du Délégué interministériel consistera à identifier tous les types de discriminations objectives rencontrés et à proposer des solutions concrètes pour y remédier. Cette Délégation interministérielle aura pour but d’assurer une égalité réelle des Français d’Outre-mer devant les services publics et les services privés à la personne : logement, services bancaire et téléphonique notamment. Elle aura aussi comme mission la lutte contre les discriminations à l’embauche ou celles relatives à la promotion sociale dans le secteur public et le secteur privé. Elle pourra, enfin, faire des propositions en matière de lutte contre les discriminations de nature culturelle : apprentissage des langues régionales d’outre-mer en métropole, présence des Français d’Outre-mer dans les médias audiovisuels, promotion et diffusion des cultures d’Outre-mer en métropole.

 

Sans attendre les premiers travaux de la Délégation interministérielle, je veux formuler, dès à présent, quelques propositions qui me paraissent prioritaires et sur lesquelles je m’engage.

 

Pour favoriser l’égalité des chances des étudiants d’origine ultramarine, je veux créer une « Maison des étudiants de l’Outre-mer ». Elle sera probablement située dans l’actuelle Cité universitaire internationale. Les premières démarches sont déjà engagées.

 

Par ailleurs, je m’assurerai personnellement que les opérateurs immobiliers respectent la législation que l’actuel Gouvernement a introduites pour interdire les refus des cautions provenant de l’outre-mer. Ces refus représentaient un obstacle inacceptable au logement des Ultramarins en métropole et notamment au logement des étudiants ! Or, même après le changement de législation, il semblerait qu’un certain nombre d’opérateurs ne jouent toujours pas le jeu. Cela entrave la mobilité des étudiants et les échanges entre l’outre-mer et la métropole. Je ne laisserai pas cette situation perdurer. On est en France ou on ne l’est pas!

 

Pour lutter contre les discriminations, je veux, d’ailleurs, mettre en place des formations spécifiques pour les policiers et les gendarmes afin qu’ils puissent combattre plus efficacement toutes les formes de discriminations. Ces discriminations sont parfois très insidieuses et discrètes mais, pourtant, elles sont bien réelles ! Cela justifie, à mon sens, de spécialiser des fonctionnaires de la police de notre République car les discriminations et les racismes sont le cancer de notre société.

 

Je veux, enfin, tout faire pour que, malgré les distances, les liens de familles puissent subsister entre les Ultramarins qui vivent en outre-mer et ceux qui vivent en métropole. Ce qui est en jeu, c’est le maintien de la cohésion des familles et l’égalité des chances des jeunes en cours de formation.

 

C’est la raison pour laquelle je considère depuis déjà bien longtemps que la continuité territoriale, aérienne et numérique, est une absolue priorité. Et je n’ai pas attendu pour agir puisque, en tant que Ministre, je me suis engagé pour cette cause comme aucun Ministre de l’Intérieur ne l’avait fait jusque là. En matière de continuité aérienne notamment, je viens de faire modifier les règles qui restreignaient jusque là la concurrence sur les destinations des Départements d’outre-mer. Dorénavant, les compagnies charters pourront vendre des vols « charters secs », sans séjour d’hôtel associé, sur l’outre-mer. Cela leur était interdit jusqu’à présent. C’est une première étape concrète, même si d’autres mesures devront être prises.

 

La modification des modalités de prise de congés bonifiés est une autre piste intéressante. Mon intention n’est évidemment pas de remettre en cause les congés bonifiés, bien au contraire ! En revanche, je pense que le système actuel est trop rigide et qu’il se retourne parfois contre l’intérêt des Ultramarins eux-mêmes. Je propose un dispositif « gagnant/gagnant », qui aurait pour effet de mieux étaler les périodes de congés et, donc, de favoriser une baisse des tarifs des billets d’avion. Il consiste à laisser les agents choisir la durée de leurs congés et à leur attribuer un chèque, d’un montant équivalent à un tarif moyen de haute saison, dont ils pourront conserver le solde pour leurs dépenses de vacances. Ainsi, tout le monde y gagnerait : l’agent, l’administration, qui ne jouerait plus les « agents de voyage », et même les compagnies aériennes, qui verraient leur clientèle mieux répartie dans le temps.

 

J’ajoute, pour être complet sur cette importante question des congés bonifiés, que je souhaite simplifier et uniformiser les critères d’attribution de ces congés car il n’est pas normal que l’octroi de ce droit dépende de l’appréciation discrétionnaire de chaque administration ou établissement public.

 

Enfin, je pense qu’il faut revoir la façon dont la mobilité et la promotion sont organisées dans la fonction publique entre la métropole et l’outre-mer. La mobilité des fonctionnaires est une bonne chose mais je crois qu’il faut savoir adapter nos exigences au contexte particulier de l’outre-mer. Certains concours nationaux doivent être organisés localement afin de pourvoir des postes locaux. En revanche, je vais être honnête : je pense qu’il ne serait pas conforme aux principes républicains que ces recrutements soient réservés aux seuls domiens. Imaginerait-on que les domiens soient écartés des concours organisés en métropole? Je suis pour le volontarisme mais contre une logique de quotas qui se retournerait contre les Ultramarins eux-mêmes en créant un doute sur la réalité de leurs mérites. Vous n’attendez pas la charité, vous demandez l’égalité des chances ! Voilà ce pourquoi je me bats depuis le début!

 

*

Mes chers amis,

 

Je n’ai fait ce soir que tracer, à grands traits, mon projet pour vous.

 

Ma plus grande frustration, durant cette campagne, est de ne pas avoir pu me rendre dans tous les territoires d’outre-mer où, pourtant, j’étais attendu. Je pense à Mayotte, à la Polynésie, à la Nouvelle-Calédonie, à Saint-Pierre et Miquelon, ainsi qu’à Wallis et Futuna. C’est pourquoi je me suis adressé directement à ces territoires en envoyant aux populations une longue lettre personnelle précisant mes principaux engagements pour eux.

 

Ce soir, si vous me le permettez, je voudrais dire aux Mahorais, aux Polynésiens, aux Calédoniens, aux Wallisiens et Futuniens, aux Saint-Pierrais et Miquelonais que je pense à eux. Qu’ils ont, dans mon cœur, la même place que les autres Français d’outre-mer, c’est-à-dire une place toute particulière. Je sais que vous avez plus besoin de moi que d’autres Français et je ne vous oublierai pas.

 

Ma personnalité est différente de celle des hommes politiques que vous avez connus. Je ne suis pas un adepte des grands discours compassionnels ; je ne suis pas, non plus, un adepte des déclarations d’amour le matin, le midi et le soir, qui finissent par perdre tout leur sens.

 

L’engagement total dans l’action, la volonté d’apporter des idées neuves et le refus de la fatalité, c’est ma façon…peut-être plus authentique…de vous aimer.

Santé
La relation thérapeutique, on le sait, passe d’abord et avant tout par le langage : langage oral pour les questions du thérapeute et les réponses du patient ; langage écrit pour l’ordonnance médicale et les notices ou modes d’emploi des médicaments. Dans les pays où est utilisée une seule langue ou du moins où une seule langue est massivement partagée, tels que ceux d’Europe occidentale ou d’Amérique du Nord, le rapport entre acte thérapeutique et langage sont fonction de l’appartenance de classe des patients laquelle appartenance renvoie à une compétence et une performance linguistique différente selon le cas considéré. Il apparaît ainsi qu’un patient issu des classes supérieures sera mieux à même de comprendre les questions du soignant, d’y répondre de manière claire, de discuter parfois avec celui-ci du mal dont il est atteint et surtout de manipuler les objets thérapeutiques que sont l’ordonnance et les notices de médicaments.A l’inverse, le patient issu des classes dites inférieures aura tendance à moins bien verbaliser sa souffrance et à ne pas discuter le diagnostics et les prescriptions du soignant, se soumettant ainsi au pouvoir médical qui n’est jamais qu’un avatar du pouvoir politique ou du pouvoir religieux.
Kréyol

Dépi pasé 30 lanné, tini moun (ékriven, langis, militan kisasayésa…) ki ka goumé pou voyé lang kréyol la douvan. Alè, pon moun pé pa di pa ni on ékriti kréyol sérié piskè laplipa liv ki paret ka itilizé sistem GEREC la. Zafè a ékriti étimolojik la, sila ki ka chaché imité lòtograf fransé la, fini bat, menm si délè nou ka kontré dé mo oben dé fraz, soutou adan afich piblisité, ki ka kontinié sèvi èvè vié sistem-lasa. Pon moun pé pa di non pli kréyol pa on lang ki kapab fè litérati : adan sé trant lanné-la ki sòti pasé la, ki an Gwadloup (Hector Poullet, Roger Valy, Sonny Rupaire, Sylviane Telchid), ki an Matinik (Joby Bernabé, Monchoachi, Raphaël Confiant,  Jean-Marc Rosier), ki an Guiyàn (Elie Stephenson), ki an Ayiti (Frankétienne, Georges Castera, Félix Morisseau-Leroy), nou vwè onlo makè paret. Dapré sa yo ka di, tini plis liv an kréyol ki paret antrè 1960 é jod-la, kè ant 1635 é 1960 ! Pon moun pé pa rèfizé rèkonet valè a tout étid siantifik (gramè, leksik etc…) ki fet, é ka kontinié fet, asou kréyol épi tou sa Jean Bernabé, Robert Damoiseau, Michel Dispagne èvè Serge Colot fè.